L’Algérie plaide pour un contrôle international du prégabaline lors de la 33ème session du HONLEA-Afrique

Par Nadera Rebiai
La 33ème session du comité des chefs des organismes nationaux chargés de l’application des lois en matière de drogues en Afrique (HONLEA-Afrique) s’est achevée sur une proposition algérienne : inscrire la question du prégabaline à l’ordre du jour de la prochaine session du comité.
La session qui s’est tenue du 8 au 11 septembre au Centre international de Vienne a réuni les responsables des services africains chargés de l’application des lois sur les drogues, aux côtés de représentants de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) et de la Commission de l’Union africaine — organe subsidiaire de la Commission des stupéfiants, HONLEA-Afrique sert précisément à coordonner, au niveau régional, la réponse au trafic illicite.
De son côté, la délégation algérienne, conduite par le Dr Tarek Kour, directeur général de l’Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie (ONLCDT), comprenait des cadres du ministère de la Justice, des représentants des services de sécurité, ainsi que des membres de la Mission permanente de l’Algérie auprès des organisations internationales à Vienne .
C’est dans ce cadre que le Dr Kour a appelé les États membres à faire du trafic illicite et de l’usage non médical du prégabaline l’un des axes prioritaires de la 34ème session.
Une molécule hors de tout contrôle international
Le prégabaline n’a rien d’une drogue de synthèse clandestine : c’est un gabapentinoïde prescrit légalement contre l’épilepsie, les douleurs neuropathiques et l’anxiété, mais détourné de son usage et pris à forte dose, il procure une euphorie sédative recherchée par les usagers — au prix d’une dépendance rapide et d’un risque mortel de dépression respiratoire lorsqu’il est associé aux opioïdes ou à l’alcool.
De ce fait, sa non-inscription sur la liste des substances soumises au contrôle international laisse la voie libre à son détournement, en Algérie en particulier, où le phénomène prend de l’ampleur.
Des saisies en forte hausse depuis janvier
Les chiffres de 2026 donnent la mesure du problème ; en août, la Sûreté nationale a saisi plus de 10,4 millions de comprimés en démantelant un réseau international — 25 arrestations à la clé, en juillet, 14 580 comprimés ont été saisis à Tébessa…début septembre, les Douanes ont intercepté 523 000 comprimés à Laghouat.
Fédérer une réponse africaine
Par cette proposition, l’Algérie cherche à ouvrir un espace de dialogue entre pays africains : mieux partager l’information sur les filières de trafic et les méthodes de mésusage, construire un soutien continental autour d’une approche commune, et déboucher sur des recommandations concrètes aux niveaux national, régional et international, la démarche prolonge l’engagement algérien de longue date contre le trafic des substances psychoactives.
À l’issue de la session, l’ambassadeur Rachid Bladehane, représentant permanent de l’Algérie auprès de l’Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Vienne, a reçu la délégation algérienne, les échanges ont porté sur les dossiers liés à la lutte contre les stupéfiants et les substances psychotropes, et sur les moyens de soutenir les efforts algériens de coopération internationale.
N.R




