L’Algérie, locomotive assumée de l’intégration régionale

Par Kahina Hammoudi
Invité de « L’invité du jour » sur la Chaîne 3, le politologue Mehdi Boukaouma dresse un constat clair : l’Algérie ne se contente plus d’un rôle régional passif. Sa diplomatie a changé d’allure — elle exporte désormais son savoir-faire politique et énergétique et cherche à façonner, par des actes concrets, l’architecture d’une intégration africaine plus ambitieuse.
Boukaouma situe cette mutation au cœur d’une stratégie volontariste. Loin des déclarations symboliques, Alger mise sur la diffusion d’expertises — de l’électricité au pétrole, en passant par l’enseignement supérieur, l’agriculture et la santé — pour tisser des liens durables avec ses voisins. « C’est par des réalisations tangibles que l’on construit l’intégration », dit-il, opposant la pratique à ce qu’il qualifie de « fausses idées » sur la coopération régionale.
Preuve à l’appui : la centrale électrique algéro-nigérienne inaugurée mercredi à Niamey. Une installation qui, affirme Boukaouma, transformera la vie d’un million de Nigériens et stimulera le développement socio-économique local. Plus qu’un geste de solidarité, ce projet illustre une vision : l’intégration se gagne par des infrastructures partagées et des transferts de compétences, pas par des discours.
Sur le plan énergétique, l’expert rappelle que les récentes secousses géopolitiques ont redessiné les routes de l’énergie. Dans ce nouveau paysage, l’Algérie apparaît comme un acteur crédible et fiable au voisinage méditerranéen, capable d’assurer la sécurité d’approvisionnement. « Alger a démontré sa capacité technique et sa fiabilité comme fournisseur », affirme Boukaouma, soulignant la maîtrise algérienne des filières gazière, pétrolière et électrique.
Cette posture s’inscrit dans une constance diplomatique, selon lui : stabilité, développement et approche socio-économique. À la différence de voisins plus volatils, l’Algérie mise sur la continuité comme fondement de ses relations africaines. L’objectif est double : renforcer la souveraineté énergétique du continent et cimenter des partenariats qui résistent aux turbulences internationales.
Reste la question politique : l’exportation d’expertise suffit-elle à transformer en profondeur des rapports historiques et parfois asymétriques ? Pour Boukaouma, c’est un premier pas nécessaire — mais non exclusif — vers une intégration véritable. L’Algérie propose désormais un modèle pragmatique, où la diplomatie se mesure à l’aune des résultats concrets, et non seulement des déclarations.
K. H.




