La technologie chinoise, le choix stratégique de l’Algérie

Au cours de sa visite de travail en Chine, le chef d’Etat-Major de l’ANP, Saïd Chengriha, a visité CATIC, une entreprise spécialisée dans la production des équipements de haute technologie.

Il a confirmé ainsi l’intérêt de l’Algérie pour les équipements technologiques chinois, réputés les plus avancés dans le monde.

Cette société n’était pas la seule à être visitée par Saïd Chengriha. Il s’est également rendu chez Poly Technologies Inc, fournisseur de solutions intégrées pour la défense et les systèmes de sécuritéet a également visité la société China Electronics Technology Group Corporation (CETC), spécialisée dans l’électronique de défense, connue pour son expertise dans le domaine de la défense et de la maintenance.

Cette société détient 40% des parts de la société chinoise Hikvision, qui est l’un des principaux fournisseurs de solutions IoT (Internet des objets) au monde.

Ces visites, qui ont fait suite à d’autres rencontres dans des entreprises plus classiques dans le domaine de l’industrie de l’armement, montre à quel point les autorités algériennes misent beaucoup sur la technologie chinoise pour développer le pays. Et cela ne concerne pas que les forces armées.

Lors de la dernière réunion du Conseil des ministres, il a été décidé de confier la réalisation d’un Data Center à l’entreprise chinoise, Huawei. Ce centre vise notamment à stocker toutes les données de l’Etat algérien, ce qui lui confère un rôle sensible.

C’est ce caractère sensible de cette option qui explique en fait le choix de la Chine. Ce pays fait partie, en effet, des rares pays amis de l’Algérie qui disposent de la haute technologie. Puisque l’importation de ce genre d’équipements et surtout la mise des données nationales à la disposition d’une entreprise étrangère peut compromettre la souveraineté nationale, le recours à un pays ami est le moindre risque à cause de l’exploitation, malveillante, qui peut en être faite s’il s’est agi d’une puissance avec laquelle l’Algérie entretient de simples relations économiques ou commerciales.

L’autre raison du choix de la Chine pour fournir l’Algérie en équipements de haute technologie est sans doute les prix, beaucoup plus bas qu’ailleurs, pratiqués par les entreprises chinoises. L’Algérie cherche donc à s’approvisionner à moindre coût d’un pays ami, qui n’utilise pas par exemple des considérations politiques dans ses relations commerciales avec les Etats. Surtout que depuis quelques années, la Chine est carrément au top des inventions technologiques. Elle est même en tête des pays dans certains secteurs, ce qui la place dans une position de concurrent direct des Etats-Unis.

A cela s’ajoute le fait que la Chine accepte plus facilement le transfert des technologies comparativement à d’autres puissances.

Il reste que ce choix de ne compter que sur un seul fournisseur en technologies est vu par certains observateurs comme « un risque » dans la mesure où « nous dépendrons totalement » d’un seul pays dans le monde, ce qui « constitue une menace » pour la souveraineté.

Akli O.

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