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Journée de la diplomatie : Attaf réitère les positions de l’Algérie sur le Sahara occidental, la Palestine et le Moyen-Orient

Par Kahina Hammoudi 

Le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, a réaffirmé ce jeudi les positions de l’Algérie sur plusieurs dossiers régionaux et internationaux, dont le Sahara occidental, la Palestine et le Moyen-Orient. Il s’exprimait lors de la célébration de la Journée nationale de la diplomatie algérienne, qui coïncide avec le 81ᵉ anniversaire de la création de l’ONU.

Sahara occidental : une question de décolonisation

M. Attaf a rappelé que l’Algérie s’est engagée, au début de l’année, dans un processus visant à contribuer à l’élaboration d’une solution politique juste et durable. Cet engagement, a-t-il dit, « n’était pas le fruit d’une circonstance passagère », mais l’expression d’une conviction profonde. L’Algérie s’y est engagée en s’appuyant sur des convictions « qu’aucune circonstance ne peut changer, qu’aucune transformation ne peut altérer ».

Il a énoncé trois convictions :

  • la question du Sahara occidental reste une affaire de décolonisation, dont le processus n’est pas achevé ;
  • le peuple sahraoui jouit, selon le droit international et la Charte des Nations unies, d’un droit fondamental et inaliénable à l’autodétermination ;
  • l’ONU a établi, dans ses pratiques et ses résolutions sur la décolonisation, des principes clairs dont le peuple du Sahara occidental ne peut être exclu ni devenir la victime.

La résolution 2797 : négociation plutôt que contrainte

Pour le ministre, l’engagement de l’Algérie dans le processus établi par la résolution 2797 du Conseil de sécurité s’explique par les éléments qu’elle contient, susceptibles d’ouvrir la voie à un processus politique et à des changements positifs dans l’approche du dossier.

La résolution a établi le lancement de négociations directes entre les parties au conflit, le Royaume du Maroc et le Front Polisario. Elle a permis au Front Polisario de présenter sa propre vision de la solution finale, parallèlement à la proposition marocaine. Elle souligne que la solution recherchée doit être acceptable par les deux parties, faisant « du consensus plutôt que de l’imposition et de la négociation plutôt que de la contrainte » la méthode du règlement. Surtout, elle a maintenu le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination au cœur du processus, comme « référence originale qui ne peut être contournée ».

Les mises en garde de l’Algérie

L’Algérie insiste sur une solution qui mette fin au conflit, soit juste pour le peuple sahraoui, préserve la crédibilité de l’ONU et renforce la sécurité, la stabilité et l’intégration de la région. Selon M. Attaf, tout écart par rapport à ces principes ne ferait qu’éloigner de l’objectif.

Le ministre a indiqué que l’Algérie suit « avec beaucoup d’étonnement mêlé d’une inquiétude légitime » les tentatives de détourner la question de son essence, en la réduisant à un simple dossier de réfugiés. Elle met en garde contre toute tentative de contourner la légitimité internationale, de violer le droit à l’autodétermination, ou de consolider et légitimer une situation de fait imposée au Sahara occidental.

Palestine : un soutien « aussi clair que le soleil en plein jour »

Sur la Palestine, M. Attaf a réitéré le soutien total et inconditionnel de l’Algérie aux droits légitimes et inaliénables du peuple palestinien, en premier lieu son droit à établir son État indépendant, viable et pleinement souverain, avec Jérusalem pour capitale.

L’Algérie condamne toutes les attaques contre le peuple palestinien désarmé et appelle la communauté internationale à une mobilisation sérieuse face à la « machine de destruction » à Gaza et en Cisjordanie.

Golfe, Liban, Syrie, Soudan, Somalie, Yémen

Le chef de la diplomatie a estimé que l’escalade dans le Golfe a dépassé les limites de la région, touchant l’énergie, l’alimentation, l’économie, la sécurité et la stabilité dans le monde entier. Il a appelé à privilégier « le langage du dialogue et de la raison » et à contenir un conflit dont personne ne sortirait gagnant.

L’Algérie condamne les attaques de l’occupant israélien contre la souveraineté du Liban et de la Syrie, et dénonce la situation en Libye, au Soudan, en Somalie et au Yémen. Elle soutient la légitimité dans ces pays, défend leur unité et l’intégrité de leurs territoires, et rejette toute tentative de démanteler leurs institutions, d’affaiblir leurs États ou de transformer leurs crises en terrains ouverts aux interventions étrangères.

Le Sahel, un espace intégré

M. Attaf a enfin souligné l’importance des valeurs de solidarité et de bon voisinage. L’Algérie considère la région du Sahel comme un espace humain et historique intégré, où les défis de sécurité se conjuguent avec ceux du développement, et où les considérations politiques croisent les dimensions économiques, sociales et humaines.

K. H. 

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