Il revient en force: Ce qui peut expliquer le retour de Kamel Rezig

Le retour de Kamel Rezig à la tête d’un des plus importants portefeuilles ministériels semble étonner beaucoup de monde.
Qu’est ce qui peut expliquer les motivations de cette décision prise par le président de la république- qui demeure faut il le rappeler souverain dans ses choix -pour opter justement au retour de Rezig ?
Pourquoi le commerce extérieur et la promotion des exportations ?
Il est utile de souligner que cette nomination intervient au lendemain de la rencontre du président Tebboune avec les opérateurs économiques, une occasion riche en décisions et orientations déclinées par Abdelmadjid Tebboune qui y a tenu un discours direct, marqué par une sorte de bilan objectif sur l’état des lieux économiques du pays.
Dans son discours le président Tebboune rappelle encore une fois l’ambition qui lui est chère : Atteindre des niveaux d’exportations hors hydrocarbures qui avoisinent les 7 à 12 milliards de dollars d’ici deux à trois années.
Un objectif qu’il s’est fixé comme challenge majeur ces trois dernières années.
Dans le bilan qu’il a décortiqué ce dimanche, le chef de l’État a rappelé que les exercices 2023 et 2024 n’ont pas permis de réaliser la performance attendue en matière d’exportations hors hydrocarbures.
Il dira néanmoins le « pic des 7 milliards de dollars a été réalisé il y a deux ans ». C’est à dire en 2022. Une année exceptionnelle pour l’Algérie. Et cette année là, c’était justement sous la conduite de… Kamel Rezig.
Ce dernier a produit des chiffres. S’il est vrai que ses sorties médiatiques sont considérées techniquement innoportunes suscitant parfois la controverse, Kamel Rezig qui s’était illustré par sa traque des pénuries, donnait l’image d’un ministre dépassé par les circuits du commerce intérieur.
Sauf que dans le même temps, en matière d’exportations , il a pleinement rempli sa mission. Haut la main.
Il compte désormais comme le seul ministre à avoir atteint son objectif le plus précieux. Il a permis au pays d’engranger pas moins de 7 milliards de dollars. Un record inédit .
Au mieux de ses capacités, l’Algérie n’a jamais pu dépasser le cap des 1,8 milliards .
Si le commerce domestique ne lui a pas tellement réussi, entre 2020 et 2023 , alors qu’il tentait de gagner la bataille contre la pénurie du sachet de lait et d’autres aliments subventionnés , Kamel Rezig a laissé en revanche ce record chiffré plaider en sa faveur.
Il avait parfaitement répondu aux attentes du pays , aux objectifs du président Tebboune également qui a tant entrepris dans la mise en place d’outils d’encouragement des exportations.
Cela explique pourquoi il revient opportunément au département du commerce extérieur et non celui du commerce intérieur.
En clair, il a gagné la confiance du président de la république qui l’avait d’ailleurs nommé par la suite, conseiller à la présidence.
Rezig a produit du chiffre. En dehors de cela , l’honnêteté recommande de lui reconnaître ces résultats.
Un défi l’attend . Il est appelé à tout entreprendre pour être au rendez-vous des attentes affichées par le président de la république : Porter les exportations autour des 7 à 12 milliards de dollars !
Et il aura également la lourde responsabilité de mettre en place deux structures sensibles. L’une chargée de suivre et de promouvoir les exportations.
Et l’autre , destinée à réguler les importations tout en créant un système de veille sur la disponibilité des produits et de l’opportunité de les importer . Le but étant de protéger le produit national en évitant tout risque de tensions.
Rezig aura à contenir les flux à l’importation dans les normes établies par le président de la république : Veiller à des approvisionnements utiles et nécessaires sans tomber dans l’excès ou la pénurie.
Aujourd’hui l’Algérie importe autour de 42 milliards de dollars alors qu’elle dépensait jusqu’à 62 milliards pour des produits dont l’importation ne servait souvent que d’alibi à la sortie illicite de devises.
Le désormais nouveau ministre devra lutter aussi bien contre la surfacturation à l’import que la sous facturation (minoration de valeur ) à l’export.
Enfin, il faut reconnaître que le profil de fonceur et de décideur fait de Kamel Rezig un ministre qui tranche et agit . Contrairement à beaucoup de ses collègues.
Il a gagné son poste….
Karim. A




