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Trump perd le vote hispanique qui avait fait sa victoire en 2024

Le président américain Donald Trump enregistre un net recul de sa popularité auprès des électeurs d'origine hispanique, qui se tournent davantage vers les démocrates à un mois des élections de mi-mandat. Une évolution qui menace les gains électoraux obtenus par le président républicain en 2024.

Par Kahina Hammoudi

Selon un sondage Reuters/Ipsos mené sur six jours auprès de 4 506 adultes américains, seuls 32 % des Américains approuvent l’action de Trump. C’est le même niveau que le mois dernier, lorsque sa cote avait atteint son plus bas niveau de sa carrière politique.

Chez les électeurs hispaniques, le soutien tombe à 24 %, le plus bas enregistré auprès de cette catégorie durant ses deux mandats.

Qui sont les électeurs hispaniques ?

On désigne ainsi les Américains dont les origines ou les racines familiales remontent à des pays hispanophones, notamment d’Amérique latine et des Caraïbes. Cet électorat, qui regroupe des citoyens d’origine mexicaine, portoricaine, cubaine et d’autres pays latino-américains, pèse lourd en raison de sa taille et de sa présence dans plusieurs États décisifs lors des scrutins présidentiels et législatifs. Ses orientations politiques varient toutefois d’un groupe à l’autre.

Un acquis de 2024 qui s’effrite

Ces chiffres prennent une portée particulière après la percée de Trump auprès de cet électorat en 2024. Selon une analyse du Pew Research Center, il avait obtenu 48 % des voix hispaniques, contre 36 % en 2020, réduisant fortement l’avantage démocrate.

Cette amélioration ne s’est pas maintenue. Un précédent sondage Pew montre que, parmi les électeurs hispaniques ayant voté pour lui en 2024, le soutien est passé de 93 % en février 2025 à 66 % en avril 2026, soit une baisse de 27 points.

Les démocrates en tête de 26 points

D’après Reuters, seuls 26 % des électeurs hispaniques inscrits comptent voter républicain lors du scrutin du 3 novembre, contre 52 % pour les démocrates, soit un avantage de 26 points. L’agence y voit le plus grand écart en faveur des démocrates auprès de cet électorat depuis l’arrivée de M. Trump au pouvoir.

L’économie et la guerre pèsent

Ce recul s’accompagne d’une pression économique croissante. Le chômage reste faible, à 4,2 %, mais les embauches ralentissent, l’inflation grignote les gains salariaux et le pouvoir d’achat, et l’emploi industriel reste inférieur au niveau du début du mandat actuel comme à celui de l’administration précédente.

Les coûts des carburants et de l’énergie ont augmenté, et la guerre américano-israélienne contre l’Iran s’est répercutée sur les prix et la confiance des consommateurs. La confiance des ménages américains est tombée en septembre à son plus bas niveau depuis douze ans et demi, dans un contexte d’inquiétudes sur l’emploi, le coût de la vie et les effets du conflit.

Fin septembre, Trump a reconnu avoir fait un « très mauvais travail » pour faire connaître au public ce qu’il considère comme les réussites économiques de son administration, alors que celle-ci fait face au mécontentement lié au prix des carburants, du logement et de l’alimentation.

Gaza et Iran : une image extérieure sous tension

Un sondage de Data for Progress publié en septembre indique que 56 % des électeurs américains désapprouvent la gestion par Trump de l’offensive israélienne à Gaza, contre 33 % qui l’approuvent. Le taux de désapprobation était de 44 % en janvier.

Cette évolution intervient alors que Trump continue d’apporter son soutien politique au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou. L’entité sioniste fait l’objet d’une procédure devant la Cour internationale de justice pour des accusations relevant de la Convention sur le génocide. Depuis le 7 octobre 2023, l’offensive sur Gaza a fait 74 243 morts et 175 232 blessés palestiniens, selon le dernier bilan du ministère de la Santé de Gaza. La Cour pénale internationale a par ailleurs émis un mandat d’arrêt contre M. Netanyahou pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. L’administration Trump a de son côté durci sa campagne contre la CPI, en sanctionnant plusieurs de ses responsables.

Sur l’Iran, un sondage Reuters/Ipsos de juin montrait que 61 % des électeurs inscrits désapprouvent sa gestion du dossier, contre 28 % qui l’approuvent. Par ailleurs, 52 % jugeaient que l’intervention militaire américaine en Iran n’en valait pas le coût, contre 24 % d’un avis contraire.

Mi-mandat : le test du 3 novembre

À un mois du scrutin, les pressions économiques, politiques et internationales se concentrent sur le président et sur le Parti républicain.  Trump cherche à transformer la campagne en référendum sur son leadership et à soutenir les candidats de son camp. Il devra toutefois défendre les gains de 2024 alors que sa cote baisse et que le mécontentement persiste face à sa politique économique et militaire.

K. H. 

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