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Gaz : L’Espagne ferme la porte au Maroc, Alger consolide sa suprématie énergétique

Par Kahina Hammoudi

L’année 2026 s’ouvre sur un séisme géopolitique au Maghreb. Rabat, qui misait sur Madrid pour contourner sa dépendance au gaz algérien, se heurte à un refus catégorique de l’Espagne.
Ce camouflet énergétique n’est pas un simple contretemps logistique : il signe l’échec d’une stratégie marocaine qui aura privilégié la confrontation à la coopération régionale.

Un veto espagnol sans appel

Madrid a tranché. Les infrastructures de regazéification espagnoles, saturées par les cargaisons de GNL américain destinées à l’Europe, ne peuvent plus répondre aux demandes marocaines. L’opérateur Enagas, appliquant une certification stricte, veille à ce qu’aucun flux inversé du gazoduc Maghreb-Europe ne profite au Maroc, respectant ainsi ses engagements avec Alger. Ce refus, justifié par la crise au Moyen-Orient et les tensions sur les routes maritimes, enterre les espoirs de Rabat. Les usines espagnoles tournent à plein régime pour sécuriser l’UE, reléguant le voisin sud dans une impasse.

Le mirage vert du Maroc se fissure

Pendant des années, Rabat a vanté son leadership dans les renouvelables. La réalité de 2026 est autrement plus cruelle : les énergies vertes ne représentent que 3 à 7% du mix énergétique national. Le royaume demeure captif des fossiles, et surtout du gaz, dont l’approvisionnement est aujourd’hui un cauchemar logistique.
Les importations de GNL, coûteuses et précaires, ainsi que le recours à des hydrocarbures russes revendus au prix fort, atteignent leurs limites. Sans infrastructures propres de regazéification, le Maroc est à la merci de ses voisins – qui ne veulent plus l’aider.

Alger, pivot incontournable de l’Europe

À l’opposé, l’Algérie rayonne. Fournisseur clé pour l’Europe du Sud, Alger détient 22% du marché gazier continental, consolidant sa position face aux tentatives d’isolement marocain au Parlement européen. Tandis que Tunis et Nouakchott bénéficient d’une stabilité relative, Rabat brandit le spectre d’une crise nationale, mot tabou enfin prononcé par sa ministre de l’Économie.

Diplomatie marocaine en déroute

La stratégie du « tout ou rien » du Makhzen – alliances avec Washington et l’entité sioniste – s’avère un mirage et une trahison flagrante. Depuis la normalisation de décembre 2020, scellée au prix de la reconnaissance américaine sur le Sahara occidental, Rabat a accéléré les échanges militaires et sécuritaires avec l’entité sioniste, signant en janvier 2026 un plan conjoint malgré le génocide à Gaza.
Ni les États-Unis ni l’entité sioniste ne peuvent pallier les failles logistiques.
Le gaz américain reste bloqué en Espagne, qui refuse de trahir ses accords algériens.
Cette volte-face du Makhzen, passant d’une posture pro-palestinienne à une complicité ouverte, isole davantage Rabat et expose la trahison envers les causes arabes. En quête de bouée de sauvetage, le ministre Nasser Bourita sonde désormais Moscou, une errance diplomatique qui trahit la panique à Rabat.

Un Maroc au bord du gouffre

Privé de gaz algérien depuis 2021 sans contrepartie, sans terminaux propres et sans alliés régionaux, Rabat affronte une menace bien réelle : paralysie industrielle et risques de black-outs. La propagande cède face à une réalité brutale : le Maroc a sous-estimé Alger et surestimé ses appuis, payant le prix de sa trahison avec l’entité sioniste.

En 2026, le Maghreb redessine ses équilibres. Alger tient les leviers énergétiques, Madrid protège ses intérêts, et Rabat paie le prix d’un pari raté sur l’avenir.

K. H. 

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