Fuite des praticiens algériens vers l’étranger : Ce que recommandent les spécialistes

Ils sont des milliers de médecins Algériens à quitter chaque année, leur pays pour aller pratiquer leur spécialité ailleurs que l’Algérie.
Ils sont en effet quelques 1200 médecins à partir exercer en France, en 2022. Nos médecins font également le bonheur du Canada ou des Émirats Arabes Unis.
« C’est une véritable hémorragie et un problème de fond vis-à-vis de la nouvelle génération de médecins en mal d’épanouissement en Algérie » s’alarment le spécialistes.
Mais qu’est-ce qui expliquerait ce phénomène ?
Les raisons sont diverses. Elles sont notamment d’ordre socioprofessionnel, comme l’expliquait ce dimanche, le président du syndicat des professeurs et chercheurs hospitalo-universitaires.
« De nombreuses actions sont à mener pour corriger et améliorer les conditions des personnels de santé en Algérie », déplore en effet le professeur Rachid Belhadj dans son intervention sur les ondes de la chaîne III de la Radio nationale.
« Comparé à d’autres pays, le professeur hospitalo-universitaire en Algérie n’est pas bien rémunéré », a-t-il dit notant que c’est ce qui ouvre la voie pour beaucoup à partir à l’étranger.
« La saignée se poursuit dans les rangs des professeurs et maitres assistants qui fuient vers l’étranger ou vers le secteur privé », avertit Pr Belhadj, déplorant que les portes sont grandes ouvertes à l’image du concours qu’organise la France pour prendre les meilleurs.
Ce n’est pas tout. L’invité de la Radio a également évoqué le statut particulier des professionnels de la santé, qui tarde toujours à venir.
« On attend depuis des années (depuis 2008, ndlr) la révision du statut particulier des personnels de la santé, qui sera promulgué en 2024, et dans lequel des nouveautés sont introduites », a déclaré le Pr Belhadj.
Soulignant que ce statut, en voie de finalisation, consacre la valorisation des ressources humaines, l’intervenant a fait savoir que plusieurs chapitres sont revus, notamment concernant le volet indemnitaire, l’amélioration des conditions socioprofessionnelles et l’amélioration des conditions de travail au profit des médecins, qu’ils soient maitre-assistants, maitres de conférences ou professeurs… Tous ont une triple vocation, à savoir la recherche scientifique, la formation universitaire et donner aux Algériens la possibilité d’accéder à des soins innovants en matière de diagnostic, d’exploration et de traitement.
Outre améliorer les conditions de travail et les conditions de formation, « il faut développer une stratégie pour gérer la médecine de demain », insiste le professeur Belhadj.
« Tous les pays du monde pensent à revoir leurs politiques de formation afin de garder leurs médecins chez eux, voire même, ils développent des stratégies pour attirer l’élite chez eux à l’instar de l’Allemagne, de la France et de la Grande Bretagne et des pays de Golfe », rappelle le professeur, appelant à « faciliter à nos médecins de bénéficier d’activités lucratives », comme cela se fait dans le monde.
Y.Y




