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Flottille pour Gaza : un nouvel acte de piraterie sioniste en haute mer

Par Kahina Hammoudi 

En interceptant, lundi soir au large de Chypre, une nouvelle flottille à destination de Gaza, les forces navales sionistes ont, une fois de plus, révélé la brutalité d’un blocus qui ne relève plus seulement d’une logique militaire, mais d’une stratégie assumée de strangulation contre une population déjà écrasée par la guerre et le siège.

Partie de Turquie le 14 mai sous l’impulsion du mouvement Global Sumud, cette flottille d’une cinquantaine d’embarcations voulait briser, au moins symboliquement, le mur d’isolement imposé à Gaza et rappeler au monde qu’au cœur de cette tragédie humanitaire, des civils continuent de payer le prix d’un enfermement méthodique. Selon les organisateurs, des commandos sionistes ont commencé à monter à bord des navires en mer afin d’en empêcher la progression vers l’enclave palestinienne.

Le ministère des Affaires étrangères de l’entité sioniste a confirmé l’opération, réaffirmant qu’aucune violation du blocus naval ne serait tolérée. Mais derrière le langage froid de la «sécurité» se cache une réalité beaucoup plus dure : celle d’un rapport de force où l’aide humanitaire, la solidarité internationale et la contestation civile sont traitées comme des menaces à neutraliser.

Cette nouvelle interception réveille inévitablement le souvenir du Mavi Marmara, lorsque l’assaut sioniste contre la flottille de Gaza avait coûté la vie à des militants et provoqué une crise diplomatique majeure avec la Turquie. Le retour d’organisations turques comme l’IHH Humanitarian Relief Foundation dans ce type d’initiative montre que la cause de Gaza continue de traverser les frontières, les sensibilités et les calculs diplomatiques.

À Gaza, la situation reste d’une gravité extrême. Depuis octobre 2023, l’enclave subit une guerre dévastatrice, un siège quasi total et des restrictions massives sur l’entrée de l’aide humanitaire, avec pour conséquence des pénuries alimentaires, médicales et énergétiques qui frappent directement les civils. Dans ce contexte, chaque flottille devient bien plus qu’un convoi maritime : elle se transforme en acte de résistance politique contre l’effacement et l’indifférence.

Les soutiens de l’initiative le disent clairement : le blocus constitue une punition collective infligée à plus de deux millions de Palestiniens, pendant que les grandes puissances multiplient les communiqués sans imposer de solution durable. À force d’interceptions répétées, c’est l’image d’un enfermement total qui s’impose, bien plus que celle d’une simple mesure de sécurité.

Dans un paysage international saturé de silence, de prudence et de calculs, les flottilles réapparaissent comme des instruments de pression morale et médiatique. Après les mobilisations universitaires, les boycotts culturels et les manifestations mondiales, la mer devient à son tour un espace de contestation contre un siège qui persiste et contre une violence qui cherche encore à se justifier par la force.

K. H. 

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