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« Faire le premier geste »: Ségolène Royal veut « convaincre » Emmanuel Macron (Vidéo)

En visite en Algérie, l’ancienne ministre Ségolène Royal souhaite convaincre Emmanuel Macron de restituer les biens culturels algériens spoliés durant le joug colonial.

Par Kahina Hammoudi

« Mme Royal, vous venez de parler à l’instant des gestes d’apaisement de l’Algérie et du Président Tebboune, quels seront les gestes d’apaisement de Macron et de la France pour l’Algérie et son peuple ? » assène la journaliste d’ABNews, d’une voix qui claque dans la salle de presse. L’ancienne ministre française Ségolène Royal, en visite en Algérie, n’esquive pas : elle s’efforcera à son retour de « convaincre » Emmanuel Macron de ce geste décisif – la restitution des biens culturels spoliés pendant la colonisation.

« Ce n’est pas seulement rendre des objets, » insiste Royal lors de cette conférence à Alger ce jeudi. Tente et sabre de l’Émir Abdelkader, canon Baba Merzoug, crânes de résistants : ces trésors au musée Condé ou à Brest incarnent les « blessures » qu’il faut panser pour relancer une amitié sincère. Après son audience avec le Président Tebboune, qui a ouvert la porte à une Algérie magnanime, elle voit Paris comme le débiteur moral : « Macron peut le faire en 24 heures, par décision politique. »

« Une fois que la question de la reconnaissance et de la mise à plat mémorielle sera traitée, on tourne la page et on construit de nouveaux partenariats », a-t-elle estimé. Ségolène Royal a « bien sûr » informé Emmanuel Macron de son voyage et souhaite « lui rendre compte à son retour » pour l’« aider avec les éléments » recueillis pendant son séjour « parce que c’est dans l’intérêt de la France ».

Créer un environnement stable pour les entreprises des deux pays

« Avec Kamel Moula du CREA, vous parlez investissements : concrètement, quels secteurs prioritaires pour briser les tensions et booster le commerce algéro-français ? Dialogue économique régulier CREA-AFA : sera-t-il assez fort pour contrer la dégradation des relations et créer un environnement stable pour les entreprises des deux pays ? Et y aura-t-il la participation de l’AFA au salon de l’Algérie qui se tiendra au mois d’avril à Lyon ? » la journaliste d’ABNews, a mitraillé Ségolène Royal de ces questions cash lors de sa conférence de presse ce jeudi soir à Alger, forçant l’ex-candidate de l’Élysée à passer des mots mémoriels aux actes concrets.

La présidente de l’Association France-Algérie (AFA) ne s’y dérobe pas : après une heure d’échanges marathon avec Kamel Moula, patron du CREA, elle trace la feuille de route d’un partenariat blindé contre les crises diplomatiques. « Commerce, investissements, développement des entreprises – c’est notre terrain commun, loin des postures politiciennes, » assène-t-elle, saluant les priorités algériennes en sécurité alimentaire, sanitaire et énergétique.

Dialogue CREA-AFA : un rempart contre la crise ?

Les deux entités scellent un « dialogue régulier » pour préserver un minimum de continuité économique, malgré la déliquescence bilatérale post-2024. Royal y voit un espace « constructif et indépendant », Moula un levier pour des réponses immédiates aux objectifs stratégiques d’Alger.

Quant au Salon de l’Algérie à Lyon en avril, l’AFA s’y annonce comme un catalyseur, mobilisant opérateurs français pour des deals concrets et une visibilité accrue pour la production algérienne. Un test grandeur nature pour cette alliance économique.

K. H. 

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