Escalade militaire au Golfe menace le marché mondial : l’OAPEC alerte

Par Kahina Hammoudi
Les experts de l’Organisation arabe des pays exportateurs de pétrole (OAPEC) prévoient une flambée sans précédent des prix du gaz naturel liquéfié (GNL) face à l’intensification des hostilités militaires dans le Golfe, selon un rapport publié mercredi. Intitulé «Perturbations des expéditions de GNL via le détroit d’Ormuz», ce document pointe les restrictions imposées aux méthaniers depuis samedi, fragilisant l’ensemble du marché énergétique. Le blocus iranien du détroit stratégique amplifie ces risques systémiques.
19% du GNL mondial en péril
Malgré des exportations iraniennes limitées, ce pays contrôle le détroit d’Ormuz, par lequel passe 19% des flux mondiaux de GNL, dominés par le Qatar (81,3 millions de tonnes en 2025). Les experts estiment qu’une perturbation durable déstabiliserait totalement les marchés, avec 83% des cargaisons destinées à l’Asie, 11% à l’Europe et 6% aux pays du Golfe. Cette dépendance expose les importateurs à une crise d’approvisionnement majeure.
Hausse en cascade Asie-Europe
La tension fera bondir les prix au comptant en Asie, effet domino sur l’Europe aux stocks critiques (moins de 30% fin février). Les coûts grimperont non pas sur la valeur intrinsèque du gaz, mais sur les frais d’accès et de fret exorbitants. Les marchés importateurs, contraints à la concurrence mondiale, paieront le prix fort de cette instabilité géopolitique.
Enjeu stratégique pour Alger
L’Algérie, exportateur croissant de GNL vers l’Europe, pourrait paradoxalement bénéficier de cette pénurie si ses infrastructures restent intactes. Mais une escalade prolongée risquerait de perturber ses propres routes maritimes et de gonfler les primes d’assurance. L’OAPEC appelle à une vigilance accrue face à ce cocktail explosif de tensions militaires et de vulnérabilités logistiques.
K. H.




