Donald Trump déclare que la guerre en Iran est «quasiment» finie

Par Kahina Hammoudi
Dans un discours prononcé ce lundi depuis la Maison Blanche, le président américain Donald Trump a affirmé que la guerre opposant les États-Unis et l’Iran était « quasiment finie », marquant un tournant présumé dans le conflit qui secoue le Moyen-Orient depuis plusieurs semaines.
« Nous avons infligé des coups décisifs à l’Iran. La guerre est quasiment terminée, et nous allons bientôt ramener nos troupes », a-t-il lancé devant une foule de partisans, saluant les frappes américaines comme un succès retentissant qui aurait « brisé la machine de guerre iranienne ». Trump a vanté une victoire rapide, attribuée à la supériorité technologique et à une stratégie « sans pitié », tout en promettant un désengagement progressif pour éviter un bourbier prolongé.
Cette annonce intervient au milieu d’une escalade persistante : échanges de missiles, fermetures d’espaces aériens et perturbations économiques dans le Golfe, avec des réductions de production pétrolière au Koweït et des suspensions de vols par Qatar Airways et l’Irak. Pourtant, sur le terrain, les forces iraniennes et leurs alliés régionaux continuent de riposter, et les diplomates qatari, omanais, égyptiens, turcs, chinois et sud-africains multiplient les appels à la désescalade et au dialogue – un effort que Trump semble ignorer superbement.
À Téhéran, les responsables iraniens ont balayé ces propos comme une « illusion hollywoodienne », réaffirmant leur détermination à résister et à diversifier leurs alliances avec la Russie et la Chine. Les experts doutent eux aussi : les infrastructures pétrolières iraniennes, bien que touchées, restent opérationnelles, et le détroit d’Ormuz demeure un point de tension critique pour l’approvisionnement mondial en énergie.
Derrière l’euphorie trumpienne, cette déclaration apparaît comme une tactique électorale, visant à projeter une image de leader fort à quelques mois des midterms. Mais au Moyen-Orient, où les cicatrices des interventions passées saignent encore, une fin « quasiment » annoncée risque de se transformer en enlisement durable, hypothéquant la stabilité régionale et mondiale. La diplomatie multilatérale, seule issue viable, attend toujours que Washington rouvre la porte du dialogue.
K. H.




