Demande mondiale de pétrole: Une première baisse annuelle depuis la Covid-19

Par Youcef.O

La demande mondiale de pétrole devrait diminuer d’un million de barils par jour en 2026, ce qui marquerait son premier recul annuel depuis 2020, lorsque les confinements liés au Covid avaient cloué au sol l’aviation et mis l’industrie à l’arrêt, selon le dernier rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

Cette comparaison relativise la baisse de cette année sur un point, la demande s’étant effondrée d’environ huit millions de barils par jour au plus fort de la pandémie, mais elle souligne à quel point la fermeture du détroit d’Ormuz a pénalisé l’économie mondiale.

La contraction est « très déséquilibrée tant selon les produits que selon les régions », a relevé l’agence dans son rapport mensuel.

Selon les analyses précédentes de l’AIE, les pertes les plus marquées touchent les économies asiatiques dépendantes des importations ainsi que les matières premières de la pétrochimie, comme le naphta et le gaz de pétrole liquéfié, dont les chaînes d’approvisionnement passent par le détroit d’Ormuz.

À la rédaction de ces lignes, le contrat Brent pour le mois prochain, référence internationale, s’échangeait autour de 76 dollars le baril, soit environ 6 % de plus qu’avant le début des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran fin février, et bien en deçà des pics proches de 120 dollars atteints en mars au plus fort du conflit.

L’offre s’est nettement redressée le mois dernier, même si elle partait d’un niveau extrêmement bas.

La production mondiale a bondi de 4,1 millions de barils par jour en juin, à 98,8 millions, la réouverture partielle du détroit d’Ormuz ayant permis aux producteurs du Golfe de relancer des puits à l’arrêt.
Elle restait toutefois inférieure de 9,4 millions de barils par jour à son niveau d’avant-guerre.

Les exportations du Golfe, en incluant les cargaisons détournées pour contourner le détroit, ont augmenté de 6,5 millions de barils par jour pour atteindre 16,1 millions. Avant le début des combats, fin février, la région expédiait en moyenne 24 millions de barils.

Les stocks mondiaux de pétrole ont augmenté pour la première fois depuis que les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran ont déclenché le conflit, mettant fin à plusieurs mois de ponctions record. Les réserves des économies les plus riches ont toutefois continué de se réduire, les acheteurs freinant leurs importations.

Les prévisions de l’AIE reposent sur une hypothèse désormais visiblement fragilisée : le maintien du cessez-le-feu et la réouverture progressive du détroit d’Ormuz.

Dans ce scénario, l’offre mondiale se contracterait de 3,7 millions de barils par jour cette année, laissant la production inférieure à la demande de 860 000 barils par jour, avant de progresser de 7,5 millions l’an prochain et de faire basculer le marché dans le surplus.

L’AIE souligne qu’une production plus forte ailleurs et une demande plus faible que ce qui était anticipé avant la guerre pourraient malgré tout rétablir un surplus d’ici la fin de l’année, permettant aux pays de reconstituer des réserves entamées.

Y.O

 

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