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De Genève à El-Ayoun, la lutte sahraouie réaffirmée par les syndicats

Par Kahina Hammoudi 

Au Palais des Nations, au cœur d’une Genève qui prétend parler pour le monde, la cause sahraouie a repris sa place : une rencontre intersyndicale organisée par l’Union générale des travailleurs sahraouis (UGTSARIO) s’est tenue en marge de la 114e Conférence de l’Organisation internationale du Travail. Plus qu’un simple échange, ce rassemblement a ressemblé à une mise en garde collective — un rappel que la décolonisation du Sahara occidental reste une question vivante, urgente et profondément humaine.

Najat Hendi, représentante du Front Polisario en Suisse auprès des organisations internationales, a dessiné un état des lieux sans concession. Face aux recompositions géopolitiques et aux calculs d’intérêts qui redessinent les alliances, elle a rappelé la centralité du droit à l’autodétermination : un droit inaliénable que le peuple sahraoui continue de réclamer, non pas comme une revendication abstraite, mais comme la condition même de sa dignité et de son avenir.

Le secrétaire général de l’UGTSARIO, Nafee Ahmed Mohamed, a suivi, dressant le portrait d’une organisation à la fois sociale et politique. Son rapport a mis en lumière les contours de la résistance sahraouie — la défense des travailleurs, la lutte pour les droits humains, la protection des ressources naturelles face à des appétits externes — autant de fronts qui tissent la bataille pour l’indépendance. L’intervention n’était pas seulement informative : elle voulait réveiller les consciences syndicales, convertir la solidarité en actes concrets.

Les délégations nationales et continentales présentes ont salué l’initiative, soulignant l’importance de telles tribunes pour élargir la solidarité intersyndicale et porter la cause sahraouie au-delà des cénacles diplomatiques. Pour ces syndicats, la question ne relève pas d’un héritage colonial lointain, mais d’une réalité contemporaine — travailleurs expropriés, droits bafoués, ressources spoliées — qui interpelle l’action syndicale internationale.

La délégation sahraouie à la 114e Conférence de l’OIT, conduite par Nafee Ahmed Mohamed et accompagnée de Mohamed Salem Hamma et Metou Mohamed, n’est pas venue pour enregistrer des sympathies. Elle est venue pour transformer le soutien en responsabilité partagée : rappeler que la résolution d’un conflit de décolonisation exige, au-delà des mots, une solidarité organisée, politique et durable.

En quittant le Palais des Nations, les participants emportent plus qu’un compte rendu : ils portent un appel. Celui d’intensifier les efforts pour permettre au peuple sahraoui d’exercer, enfin, son droit imprescriptible à l’autodétermination et à l’indépendance.

K. H. 

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