Crise franco-malienne: Une députée française propose une médiation de l’Algérie

Par Youcef.O

Certains cercles politiques français veulent tirer profit du rapprochement algéro-malien.

La députée française Sophia Chikirou a en effet, adressé une question écrite au ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, sur la position du gouvernement concernant le rôle que pourrait jouer l’Algérie dans la recherche d’un règlement politique de la crise au Mali.

Elle a estimé que l’Algérie est « un acteur régional incontournable dans tout processus de résolution ».

Dans sa question, déposée la semaine dernière, la députée a dressé un bilan critique de la stratégie militaire et diplomatique française dans la région du Sahel, qualifiant les opérations Serval et Barkhane d’échecs sur les plans politique, militaire et diplomatique.

« Treize ans après le lancement de l’opération Serval en 2013, les attaques coordonnées des 25 et 26 avril 2026 contre Bamako, Kati et plusieurs villes stratégiques du nord du Mali constituent un désaveu majeur de la stratégie militaire française menée au Sahel depuis plus d’une décennie. Malgré des milliards d’euros engagés, des milliers de soldats mobilisés et plusieurs années d’intervention militaire française, le Groupe de soutien à l’islamisme et aux musulmans apparaît aujourd’hui plus puissant, mieux implanté territorialement et plus capable de coordonner des offensives qu’au moment du lancement de Serval. La mort du colonel Sadio Camara, principal architecte du partenariat militaire entre la junte et la Russie, illustre également l’effondrement du dispositif sécuritaire malien après des années de militarisation du conflit », a-t-elle notamment écrit.

La parlementaire a dans ce sens, mis en avant le rôle que l’Algérie pourrait jouer dans le règlement de la crise malienne, estimant qu’elle constitue un acteur régional incontournable dans toute solution politique, en raison de sa position géographique et de son rôle de parrain de l’Accord de paix et de réconciliation d’Alger de 2015.

« Le rôle de l’Algérie apparaît, dans ce contexte, déterminant. Pays frontalier, acteur historique des accords d’Alger de 2015 et interlocuteur incontournable sur les équilibres du nord du Mali, l’Algérie dispose de leviers politiques et sécuritaires que la France ne peut ignorer. La question d’une éventuelle médiation ou d’un dialogue indirect avec certaines composantes des groupes armés dépend donc largement des dynamiques régionales et en particulier de la capacité d’Alger à peser sur les acteurs du conflit », a-t-elle encore ajouté.

Cette proposition intervient alors que les relations entre Alger et Bamako connaissent un réchauffement, marqué par le retour des ambassadeurs des deux pays à leurs postes respectifs et par la reprise normale de leur activité diplomatique.

L’Algérie et le Mali ont en effet, officiellement annoncé le rétablissement de leurs relations diplomatiques et la réouverture réciproque de leurs espaces aériens le 10 juillet 2026, mettant fin à quinze mois de crise.

Y.O

 

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