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Conflit au Moyen-Orient : Vers un enlisement et un élargissement de la guerre selon Bassem Laredj

Par Kahina Hammoudi 

L’agression américano-sioniste contre l’Iran sonne comme un séisme stratégique au cœur du Moyen-Orient. Pour Bassem Laredj, président du cabinet de conseil Amane Risque Consulting, cette offensive marque un basculement brutal, une «violation directe du droit international» qui pourrait propager un conflit durable, aux répercussions économiques et géopolitiques planétaires.

Intervenant aujourd’hui sur les ondes de la Radio algérienne, l’analyste n’a pas mâché ses mots. « C’est une agression pure et simple», a-t-il lancé d’entrée, fustigeant le Conseil de sécurité de l’ONU. Alors que ce dernier vient de condamner les frappes iraniennes sur des bases américaines dans des pays arabes, « il aurait dû d’abord pointer du doigt l’opération militaire contre Téhéran », insiste-t-il. Une illustration flagrante, selon lui, de l’effritement du système international, accéléré par le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche. «On ne respecte plus ni le droit international, ni même les formes diplomatiques », déplore Laredj.

Washington et Tel-Aviv misaient sur un coup d’éclat : déstabiliser Téhéran par une intervention fulgurante. L’entité sioniste y voyait une brèche pour ses ambitions expansionnistes, tandis que Trump espérait, en éliminant le guide suprême et des dignitaires clés, faire basculer le régime. Las, cette stratégie se heurte à la résilience iranienne. « Les Iraniens prolongent le conflit pour en alourdir le coût », décrypte l’expert. Cinquante ans de sanctions ont forgé leur adaptation ; leur logique ? User les adversaires par la durée.

Le détroit d’Ormuz, artère vitale des hydrocarbures mondiaux – 20% du trafic pétrolier –, devient leur atout maître. Sa fermeture « frappe déjà les marchés », note Laredj. Le baril a bondi de 75 à plus de 100 dollars, attisant l’inflation globale et renchérissant l’énergie pour les consommateurs, y compris aux États-Unis. « On file droit vers un enlisement, avec un élargissement du conflit qui pourrait s’éterniser. »

Les ondes de choc s’étendent. Le Liban est en première ligne, les États du Golfe visés, les Houthis menacent l’Égypte via la mer Rouge. La mobilisation kurde pourrait, elle, ébranler la Turquie. Et l’Europe ? « Elle rate une occasion de briller », critique Laredj. Prônant le droit international, elle reste muette face à cette « violation flagrante », au risque de voir le boomerang la frapper.

K. H.

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