Chemseddine Benmoussat : « L’Algérie vise 15 scale-up en 2026 pour conquérir l’international »

Par Kahina Hammoudi
Dans l’émission « L’invité du jour » de la Chaîne 3, Chemseddine Benmoussat, directeur des startups au ministère de l’Économie de la connaissance, des startups et des micro-entreprises, a livré un état des lieux vibrant de l’écosystème entrepreneurial algérien. Dynamique, réformateur, ouvert sur le monde : voilà le portrait qu’il trace d’un secteur en pleine accélération, porté par des événements comme la 5e Foire de l’entrepreneuriat d’Annaba (ACF).
Ce qui n’était qu’un rendez-vous régional s’est mué en vitrine nationale, voire internationale. « Des porteurs de projets et experts de 35 wilayas, plus des délégations tunisiennes, allemandes et italiennes via la GIZ », résume Benmoussat. À Annaba, le centre d’innovation pulse avec plus de 50 startups, générant une « énergie exceptionnelle » qui structure l’événement et attire les regards.
Les retours étrangers ne trompent pas. Un expert allemand, bluffé par l’agri-tech local, lâche : « Je n’ai jamais vu un gouvernement soutenir autant ses startups. » Pour Benmoussat, c’est le capital humain algérien – étudiants, jeunes entrepreneurs – qui fait la différence. Agri-tech, IA, santé : ces thèmes phares de l’ACF incarnent la bascule vers une économie à haute valeur ajoutée, où l’on optimise rendements, eau et précision.
Du label startup au scale-up : la maturité en ligne de mire
Depuis 2020, le Comité national d’habilitation décerne quatre labels, dont le dernier-né, « Scale-up », lancé en décembre 2025. « Une startup mûrit, puis explose à l’international et génère des devises », explique le directeur. Objectif : forger des champions nationaux, viser les licornes. Aligné sur la vision présidentielle – connaissance et innovation au-delà des hydrocarbures –, le ministère table sur au moins 15 scale-up labellisés en 2026.
Les incitations pleuvent : exonérations fiscales jusqu’à six ans, procédures 100% digitales, accompagnement gratuit, financement accessible. « Créez votre startup sans un dinar », lance Benmoussat. Les chiffres parlent : sur 1 100 labellisées depuis 2020, une dizaine seulement ont fermé. Un taux de survie de 95% qui impressionne.
Et la souveraineté dans tout ça ? Essentielle. « Nos startups forgent des IA maison et des clouds locaux pour garder nos données en Algérie », conclut-il, un clin d’œil stratégique à l’indépendance numérique.
K. H.




