CAN 2025 – 8e de finale : À Rabat, l’Algérie décroche son billet pour les quarts de finale
Dans une soirée suffocante à Rabat, l’Algérie s’impose 1-0 après prolongation face à la RD Congo grâce à un bijou de Boulbina à la 119e minute et décroche son billet pour les quarts de finale de la CAN contre le Nigéria, au terme d’un match intense marqué par la blessure de Bennacer, un banc décisif et une solidarité de tous les instants.

Par Kahina Hammoudi
Au bout d’une soirée suffocante à Rabat, l’Algérie a trouvé les ressources mentales et tactiques pour briser le verrou congolais. Les Fennecs se sont imposés 1-0 après prolongation face à la RD Congo, ce mardi au stade Prince Moulay Hassan, validant ainsi leur billet pour les quarts de finale où les attend déjà le Nigéria. Un succès arraché à la 119e minute grâce à un bijou de Boulbina, symbole d’un banc décisif et d’un groupe qui refuse de céder.
Un huitième cadenassé, deux blocs solides
Dans un stade acquis majoritairement à la cause algérienne, sous les chants mêlés des supporters venus d’Algérie et de la diaspora, l’équipe de Vladimir Petkovic a d’abord buté sur une formation congolaise disciplinée, bien organisée autour de Mbemba et de son animation aérienne.
Les vingt premières minutes ont donné le ton : Algérie maîtresse du ballon, Congo dangereux à la moindre transition. Belghali allumait la première alerte sérieuse avec un centre brûlant sauvé dans l’urgence par Mbemba (21′). Dans la foulée, Bakambu répondait par deux situations nettes (25′, 26′), obligeant Luca Zidane à s’employer dans ses premiers grands rendez-vous sous le maillot algérien.
Malgré une possession à 58%, les Fennecs peinaient à transformer leur mainmise en occasions franches. Mahrez, très surveillé et souvent imprécis sur coups de pied arrêtés, ne parvenait pas à peser sur le jeu. À la pause, le 0-0 reflétait un premier acte engagé, coupé de nombreuses fautes, où chaque camp avait mesuré le danger que représentait l’autre.
Coup dur Bennacer, flottement puis réaction
Le début de seconde période confirmait ce bras de fer tactique, mais l’Algérie encaissait un sérieux coup dur avec la blessure musculaire d’Ismaël Bennacer (48′), sorti en larmes et remplacé par Himad Abdelli. Ce changement contraint déséquilibrait provisoirement l’entrejeu algérien, permettant aux Congolais de sortir davantage la tête de l’eau.
Petkovic, lui, ne tardait pas à agir. Face à l’effacement de Mahrez, le sélectionneur lançait la coqueluche du public, Anis Hadj Moussa, ainsi que Belaïd (70′). Ce tournant allait marquer le début d’une fin de match plus agressive côté algérien, avec un bloc plus haut et un côté droit dynamisé par le feu follet hadj Moussa.
Mpasi, le portier congolais, devait alors s’illustrer à plusieurs reprises, notamment sur un corner chaud suivi d’une frappe de Hadj Moussa (86′). En face, la RDC continuait de menacer sur coups de pied arrêtés, Mayele étant tout près de crucifier les Verts si Belaïd ne lui enlevait pas un ballon de but tout fait dans les arrêts de jeu (90’+1). Après 90 minutes, rien n’était fait : place à la prolongation.
Une prolongation sous haute tension
Mentalement, l’Algérie a alors montré un visage que l’on n’avait plus vu depuis longtemps dans un match couperet de CAN : de la patience, mais aussi de l’insistance. Bounedjah, entré à la place de Maza (83′), pesait de tout son poids sur la défense congolaise, se procurant plusieurs occasions, dont une frappe dangereuse en solitaire (100′) puis une autre repoussée par Mpasi dans un temps fort algérien (111′).
Les organismes souffraient, les crampes apparaissaient côté congolais avec la sortie de Moutoussamy (109′). Les cartons tombaient de part et d’autre (Belghali, Hadj Moussa, Mbemba, Kayembe), signe d’un match qui se jouait désormais autant dans les têtes que dans les jambes. Le stade, lui, retenait son souffle, conscient que la séance de tirs au but se rapprochait.
Boulbina, l’éclair dans la nuit
Petkovic jouait alors l’une de ses dernières cartes offensives avec l’entrée de Boulbina et de Zerrouki (113′), choix qui allaient s’avérer décisifs. Alors que l’on se dirigeait vers les tirs au but, l’Algérie trouvait enfin la faille, à la 119e minute. Sur une action construite, Zerrouki servait parfaitement Boulbina à l’entrée de la surface. L’entrant crochettait pour se mettre sur son pied droit avant d’envoyer un missile dans la lucarne de Mpasi, impuissant.
Un geste de pur talent, qui libérait un stade entièrement debout, et un banc algérien en fusion. Boulbina, porté en triomphe, incarnait ce soir-là la profondeur de banc des Fennecs, capables de faire basculer un match fermé grâce à leurs remplaçants. Les ultimes minutes, puis les deux minutes de temps additionnel, ne suffisaient pas à une RDC sonnée pour revenir.
Une victoire au caractère avant le Nigéria
Au-delà du score, ce succès dit beaucoup de cette sélection algérienne en reconstruction. Menée par un nouveau sélectionneur, portée par une nouvelle génération (Maza, Amoura, Hadj Moussa) et épaulée par des cadres comme Mandi, Bensebaïni ou Bounedjah, l’équipe a montré qu’elle savait souffrir, s’adapter et frapper au bon moment.
La sortie de Bennacer, l’adaptation express de Luca Zidane sous les yeux de son père, l’apport décisif du banc et le soutien massif des supporters algériens et marocains ont dessiné les contours d’une soirée à part. Une soirée où l’Algérie n’a pas brillé dans le jeu, mais s’est montrée solide, appliquée et mentalement présente.
Place désormais au Nigéria, pour un quart de finale explosif, samedi 10 janvier à Marrakech. Face à une attaque de feu portée par Osimhen, les Fennecs devront élever encore le curseur, notamment dans l’animation offensive. Mais, avec ce succès arraché à la 119e minute, ils ont envoyé un message clair : cette fois, ils ne comptent pas sortir par la petite porte.
K. H.




