Cadmium : Entre France et Maroc, les ravages des engrais

Par Youcef O
Un « scandale d’État ». C’est ainsi que la députée française Clémentine Autain, mais aussi d’autres élus d’opposition, ont qualifié la pollution au cadmium, revenue au cœur du débat public français depuis le mois de mars 2026 et la publication d’un rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses).
L’étude révélait en effet, l’omniprésence dans les sols et les corps français de ce métal lourd classé cancérogène depuis plus de 30 ans.
Selon plusieurs médias qui rapportent l’information, il s’agit d’abord d’une question de santé publique, « mais aussi une question éminemment géopolitique, au sens où ces taux alarmants de cadmium sont en grande partie dus au recours à des engrais phosphatés marocains ».
En effet, la France importe 95 % de ses engrais phosphatés, et la plupart viennent du Maroc.
Cette relation qui ne date pas d’aujourd’hui, remonte au temps de l’occupation française du Maroc. Elle s’est encore renforcée depuis que le président français Emmanuel Macron a apporté son soutien au plan marocain pour le Sahara occidental, en juillet 2024.
De l’autre côté de la Méditerranée, le Maroc, qui possède 70 % des ressources mondiales en phosphate, a donc fait de cette matière première un levier essentiel pour son développement économique.
À la tête de cette industrie, l’Office chérifien des phosphates (OCP), devenu numéro un mondial du marché, emploie des milliers de travailleurs et accompagne le développement de l’État.
Un essor qui se paie, selon bon nombre d’analystes, au prix fort pour les salariés et les populations locales, contraintes de travailler et de vivre au milieu des déchets toxiques et des rejets radioactifs.
Y.O




