Salaires, l’emploi et le dialogue social: Les « priorités » de l’UGTA

Par Youcef.O
L’élargissement des augmentations salariales au secteur privé, la protection des travailleurs contractuels, la révision de certaines dispositions législatives encadrant les relations de travail et une meilleure prise en charge du harcèlement en milieu professionnel figurent parmi les principales préoccupations de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA).
Son secrétaire général, Amar Takdjout, a présenté ce mardi, lors de son intervention sur les ondes de la chaîne III de la Radio nationale, plusieurs pistes d’action et propositions lors de son passage hier sur les ondes de la Radio algérienne, abordant également les questions du pouvoir d’achat, de la spéculation et du dialogue avec les organisations patronales.
Dans un contexte marqué par la préparation du projet de loi de finances 2027 et les préoccupations liées à l’évolution des prix, le responsable syndical a notamment insisté sur « la nécessité de mieux maîtriser l’inflation et les pratiques spéculatives ».
Selon lui, « la hausse des salaires, engagée ces dernières années, doit être accompagnée de mesures permettant de préserver durablement le pouvoir d’achat des ménages. »
Il rappelle que « les augmentations ont été appliquées de manière différenciée selon les secteurs et les capacités financières des entreprises. Si certaines ont pu consentir des efforts significatifs en faveur de leurs salariés, d’autres rencontrent davantage de difficultés ».
Amar Takdjout estime ainsi que « la question dépasse le seul cadre salarial et nécessite une réflexion collective sur les mécanismes de régulation des prix. »
Dans cette perspective, il propose l’organisation d’assises ou de rencontres consacrées à l’inflation et à la spéculation, avec la participation des organisations syndicales, politiques, associatives et des différents acteurs économiques.
« Les organisations politiques, sociales, syndicales qui ne produisent pas d’idées, qui ne font pas de propositions, ce sont des organisations qui sont mortes », a-t-il déclaré, appelant à multiplier les espaces de réflexion et de concertation.
Le dialogue social au cœur des priorités
Le renforcement du dialogue entre l’UGTA et les organisations patronales constitue un autre axe important de son intervention. Amar Takdjout se dit « favorable à la reprise des rencontres entre les partenaires sociaux afin d’examiner les difficultés rencontrées par les entreprises, d’anticiper les tensions et de rechercher des solutions concertées. »
« Nous sommes disposés à discuter avec nos partenaires », a-t-il affirmé, lançant ainsi un appel à la relance des échanges formels entre les organisations syndicales et patronales, estimant que «la préservation du caractère social de l’État et l’amélioration du bien-être des travailleurs nécessitent l’implication de tous les acteurs concernés. »
Le responsable de l’UGTA a également évoqué la poursuite de la dynamique des augmentations salariales et la revalorisation du salaire national minimum garanti (SNMG), rappelant que « des augmentations ont été décidées pour les années 2025 et 2026 et que le président de la République s’est également engagé sur une nouvelle augmentation en 2027.
Leur répercussion doit concerner aussi bien les administrations que les entreprises économiques. »
La situation des contractuels et des travailleurs indépendants
La protection des travailleurs contractuels constitue également un dossier auquel Amar Takdjout souhaite accorder une attention particulière, relevant que « certains salariés demeurent sous contrat pendant de très longues périodes, parfois dix, quinze, voire trente années, alors qu’ils occupent des postes répondant à des besoins permanents. »
« Quand on maintient un travailleur 10 ans, 15 ans, c’est un poste permanent et on ne se raconte pas d’histoire », a-t-il souligné. Pour lui, « cette situation mérite un examen entre partenaires sociaux afin d’étudier les possibilités d’insertion dans des emplois permanents et de mieux garantir les droits des salariés. »
Il pose également la question des conditions de rupture des contrats et du respect des indemnisations prévues en cas de licenciement, y compris pour « motif économique ».
L’objectif, selon lui, est de parvenir à « un meilleur équilibre entre les exigences de fonctionnement des entreprises et la protection des travailleurs. »
Dans le même esprit, le secrétaire général de l’UGTA plaide pour « un élargissement de la représentation syndicale aux catégories qui restent insuffisamment organisées, notamment les retraités, les salariés précaires et les travailleurs indépendants. Les chauffeurs de taxi, les camionneurs, les coiffeurs et les plombiers sont notamment concernés. »
« La force d’une société, c’est son organisation », a-t-il expliqué, estimant que « ces catégories doivent pouvoir disposer de cadres représentatifs leur permettant de défendre leurs intérêts et de participer au dialogue social. »
Y.O




