A la Une

Brahim Mouhouche : Les stations de déminéralisation de Tindouf et Tamanrasset, une solution économique et rationnelle

Par Kahina Hammoudi 

L’expert en agronomie et hydraulique, Pr Brahim Mouhouche, était l’invité de l’émission «L’invité du jour» sur Chaîne 3 de la Radio nationale, ce lundi 23 février. Il a détaillé la décision présidentielle de lancer des stations de déminéralisation à Tindouf et Tamanrasset, dans le Grand Sud.

Déminéralisation des eaux souterraines, pas dessalement maritime

«Il ne s’agit pas d’un dessalement classique comme sur le littoral, mais d’une déminéralisation des eaux souterraines», a clarifié le professeur Mouhouche. Dans ces régions, la salinité varie entre 5 et 10 grammes par litre, contre 35 à 40 grammes pour l’eau de mer.

«Enlever 35 grammes demande beaucoup d’énergie. Au sud, il suffit de diminuer un peu le sel et l’eau devient utilisable», a-t-il expliqué. Cette approche est «plus économique et rationnelle». Elle évite le transport d’eau sur 400-500 km, un coût énergétique prohibitif. L’expert plaide pour des stations locales, alimentées par l’énergie solaire et éolienne, abondantes dans le Sahara.

Potentiel hydrique du Sud : 50 000 milliards de m³, mais gestion stricte

Le Grand Sud dispose de réserves souterraines colossales : 50 000 milliards de mètres cubes. L’agriculture reste un «gouffre» consommateur d’eau. Exemples : 3 000 litres pour 1 kg de blé ; environ 150 litres pour 1 kg de pomme de terre.

Barrages : 8 à 100%, moyenne nationale vers 60%

Les pluies récentes ont amélioré les réserves. Sur 81 barrages, 8 sont pleins à 100%, 58 dépassent 50%. «La moyenne générale va dépasser les 60%», anticipe Mouhouche. Certains, comme Beni Haroun, sécurisent l’approvisionnement 3 à 5 ans. Le choix des sites dépend de la pluviométrie, du bassin versant, de la géologie et de la proximité des zones d’usage.

Importations agricoles : objectif réduction progressive

L’Algérie couvre 75% de ses besoins alimentaires via la production nationale. «On ne sera jamais autonome à 100%», concède l’expert, appelant à «diminuer un petit peu chaque année». Le développement du Sud, via ses ressources hydriques et partenariats, est une piste clé. «S’il n’y a pas d’eau, l’agriculture n’existe pas».

K. H.

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page