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Brahim Mouhouche alerte : l’eau potable d’abord, pas de luxe pour l’agriculture et l’industrie

Par Kahina Hammoudi

Dans l’émission « L’invité du jour » de la Chaîne 3, l’expert en agronomie et hydraulique Brahim Mouhouche démonte sans complaisance les choix du nouveau ministre des Ressources hydriques, à l’occasion de sa visite à Annaba. Interdit total d’utiliser l’eau potable pour l’irrigation ou l’industrie ? « Une mesure à nuancer d’urgence », tranche-t-il. Car entre situations d’urgence justifiant un usage encadré et gaspillages intolérables, la ligne est fine. Mais une chose est claire : l’eau, ce trésor national, n’est pas un jouet.

L’Algérie saigne face à la crise hydrique, bien plus qu’à tout autre handicap structurel. L’eau potable ? Elle ne capte que 3 à 5% des besoins totaux. Priorité absolue : abreuver les citoyens, puis le bétail, les cultures pérennes, et en dernier recours les annuelles et l’industrie. Point final.

Pour l’industrie, Mouhouche tape du poing : stop à l’eau potable ! Recyclez les eaux usées, généralisez-en la réutilisation. Cette pratique, encore balbutiante chez nous, préserverait les ressources nobles pour l’essentiel. Pourquoi s’entêter dans le gaspillage quand des solutions existent ?

Les stations de dessalement, fierté nationale, couvrent 40 à 47% des besoins en potable. Mais gare aux illusions : turbidité des crues, filtres colmatés, arrêts forcés pour maintenance. Résultat ? Pannes récurrentes. La parade ? Interconnexions barrages-réseaux pour pallier les trous locaux, et commande à distance, comme le prône le ministre. Une modernisation vitale pour dompter les caprices climatiques et optimiser les flux en temps réel.

Mais le vrai scandale, c’est le saignement des réseaux : 40 à 50% de pertes ! Fuites massives, gaspillage quotidien, subventions qui endorment les consciences. L’eau, bradée, n’a plus de prix. Pas de traçabilité, pas de responsabilisation. Mouhouche appelle à une révolution des mentalités : une prise de conscience collective, impérative. Gérer l’eau n’est pas une option technique, c’est la survie de la nation.

K. H.

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