Banque nationale de gènes : un levier stratégique pour la souveraineté alimentaire de l’Algérie

Par Nadera Rebiai 

À Baraki, près d’Alger, l’Algérie franchit une nouvelle étape dans la préservation de son patrimoine agricole, en visite à la station expérimentale Mehdi Bouallam, le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Yacine El Mahdi Oualid, a fait le point sur l’avancement de la Banque nationale de gènes, un projet stratégique porté par l’Institut national de recherche agronomique d’Algérie (INRAA).

Une infrastructure scientifique au service du patrimoine agricole

Cette banque, dont la mise en service est prévue début 2026, vise à conserver et protéger le patrimoine génétique agricole national; à terme, l’installation devrait permettre de stocker jusqu’à 80 000 échantillons de semences et 6 000 souches variétales végétales et animales.
Des laboratoires en phase d’achèvement

Lors de sa visite, le ministre a inspecté les laboratoires et les équipements en cours d’installation, certaines infrastructures sont déjà opérationnelles, tandis que d’autres nécessitent encore des ajustements afin de répondre aux standards internationaux.

Par ailleurs, le projet prévoit la création de banques régionales de gènes dans plusieurs pôles agricoles du pays afin de décentraliser la conservation et d’optimiser la recherche.

Des chercheurs engagés malgré des moyens limités

Yacine El Mahdi Oualid a salué l’engagement des chercheurs de l’Institut national de recherche agronomique d’Algérie, soulignant leur travail malgré des ressources encore limitées.
Il a appelé à établir un inventaire précis des besoins en équipements et en financement afin de renforcer les capacités de recherche de l’institut et accélérer

Vers une agriculture plus résiliente

Lancée en 2023, l’initiative commence déjà à produire des résultats tangibles….Plus de 170 variétés de semences céréalières locales (blé dur, blé tendre, orge et avoine) ont été identifiées, conservées et améliorées dans le cadre des programmes de recherche agricole, par ailleurs, certaines expérimentations agronomiques ont montré des performances prometteuses. Les essais encadrés de culture du colza ont permis de récolter près de 14 000 quintaux lors de la première campagne, avec des rendements atteignant jusqu’à 40 quintaux par hectare dans certaines régions.

À travers ce projet, l’Algérie entend renforcer sa souveraineté alimentaire tout en développant une agriculture plus durable et adaptée aux réalités climatiques du pays.

Préserver les semences, c’est préserver l’avenir.
Car derrière chaque graine conservée se trouve une promesse : celle d’une agriculture capable de nourrir les générations futures.

— Synapse, quand l’actualité rencontre la conscience.

N.R.

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