Badis Khenissa décortique sans fard les choix stratégiques du président Tebboune
Badis Khenissa décrypte les choix stratégiques de Tebboune : Gara Djebilet, diversification économique, dialogue politique et stabilité sociale en Algérie.

Par Kahina Hammoudi
L’expert en relations internationales Badis Khenissa n’a pas mâché ses mots, ce lundi sur « L’invité du jour » de la Chaîne 3 de la Radio algérienne, pour disséquer l’interview accordée par le président Abdelmadjid Tebboune aux médias nationaux. « L’accent mis sur les projets structurants comme Gara Djebilet n’est pas un simple slogan : c’est une vision stratégique globale qui trace la route d’une Algérie souveraine », a-t-il lancé d’entrée, captant l’essentiel d’un discours présidentiel qui refuse les demi-mesures.
Pour Khenissa, la stabilité politique n’est pas une option : « C’est le socle indispensable à une stabilité économique durable. » Cette approche, martèle-t-il, inscrit l’action publique dans une méthodologie implacable de diversification économique, loin des dépendances d’hier. Il zoome sur Gara Djebilet, ce « point de départ et d’inflexion majeur », qui ouvre la porte à une cascade de projets à haute valeur ajoutée. Objectif ? Réduire drastiquement les importations et catapulter l’Algérie sur les scènes d’exportation mondiales, transformant des richesses enfouies en leviers de puissance.
Le changement de paradigme voulu par Tebboune frappe fort, selon l’expert : « L’Algérie ne se contentera plus d’être un pays de gisements bruts ; elle devient un véritable bastion industriel. » Gara Djebilet ? « Un mythe géologique mué en réalité industrielle concrète. » Et les retombées ne s’arrêtent pas aux frontières : infrastructures ferroviaires, portuaires et énergétiques boostées, l’Algérie s’impose comme pivot incontournable en Afrique, reliant le Maghreb au continent noir avec une ambition continentale assumée.
Au plan social, un message qui résonne fort à l’approche du Ramadan
Sur le front social, Badis Khenissa décèle un signal clair et massif : la protection du pouvoir d’achat et le maintien du caractère social de l’État. « C’est particulièrement significatif à quelques encablures du Ramadan », souligne-t-il, dans un monde gangrené par l’austérité. « L’Algérie fait exception, guidée par une boussole sociale et économique ancrée dans la proximité citoyenne. » Grâce à une capacité d’autofinancement solide et une gestion macroéconomique pragmatique – saluée jusqu’au FMI –, Alger démontre qu’on peut conjuguer rigueur et solidarité sans renier ses principes.
Dialogue politique : fini le théâtre, place à l’action structurée
Sur le dialogue politique, Khenissa applaudit l’appel présidentiel à un échange responsable avec les partis. « On est dans l’action politique, pas dans la théâtralisation stérile », tranche-t-il. Le vrai défi ? « Un dialogue structuré, inclusif, représentatif de la volonté populaire. » Les formations politiques ont une responsabilité cruciale : se recentrer sur les préoccupations réelles des citoyens, loin des postures.
Amendement constitutionnel : une maturité technique pour ancrer la démocratie
Enfin, l’amendement technique de la Constitution emporte l’adhésion de l’expert. Soutenant la position du chef de l’État, il balaie les spéculations : « Ce n’est pas une réécriture hasardeuse, mais un ajustement mécanique précis. » Une démarche de maturité institutionnelle qui clarifie les dispositions floues et renforce la stabilité du système démocratique, protégeant l’édifice face aux soubresauts futurs.
K. H.




