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Après son entretien avec le président Tebboune: Ségolène Royal appelle à la restitution immédiate des biens culturels et archives algériens

Ségolène Royal, après son entretien avec le président Tebboune, appelle la France à restituer immédiatement les biens culturels de l’Émir Abdelkader, les archives coloniales, les ossements des Chouhada et les dossiers des essais nucléaires sahariens. Un plaidoyer pour réparer l’histoire et respecter la souveraineté algérienne.

  1. Par Kahina Hammoudi 

La présidente de l’Association France-Algérie, Mme Ségolène Royal, a lancé un appel solennel à la France pour la restitution sans délai des biens culturels, des archives et des restes des martyrs algériens, à l’issue de son audience accordée ce mardi par le président Abdelmadjid Tebboune.

«Le premier geste que doit accomplir la France, et qui aurait dû l’être depuis longtemps, c’est la restitution des biens culturels et des archives. J’y mettrai toute mon énergie, à commencer par les objets de l’Émir Abdelkader et d’autres figures emblématiques de l’Algérie», a-t-elle déclaré avec force devant la presse.

Restitution des ossements des Chouhada et des archives coloniales

Mme Royal a insisté sur la nécessité de rendre les ossements des Chouhada conservés au Musée de l’Homme à Paris, afin qu’ils soient inhumés dignement, comme l’a réclamé le président Tebboune. Elle a également évoqué les archives stockées à Aix-en-Provence – partiellement numérisées et donc restituables rapidement –, le canon d’Alger exposé à Brest, ainsi que l’ensemble des documents sur les essais nucléaires sahariens, essentiels pour évaluer et réparer les dommages causés.

«Tout cela a été confirmé par le rapport de la commission mixte Histoire et Mémoire du 22 novembre 2023», a-t-elle rappelé, citant les propos immortels de l’Émir Abdelkader : «L’homme est grand par ce qu’il sait, et noble par ce qu’il fait».

Elle s’est engagée à relayer ces demandes au président Emmanuel Macron dès son retour en France, rappelant ses promesses initiales de son quinquennat.

Une histoire «blessée» à réparer par le respect de la souveraineté algérienne

Évoquant son déplacement en Algérie, Mme Royal a souligné sa volonté d’écouter et d’apprendre sur «la créativité économique et la culture». L’Association France-Algérie, qu’elle préside et qui œuvre depuis plus de 60 ans, vise à tisser «dialogue, amitié, échanges et perspectives communes».

«L’histoire entre la France et l’Algérie est une histoire blessée, marquée par la domination et les violences indignes, mais aussi par les luttes, la résistance, les destins croisés, les familles unies entre les deux rives, et des potentiels économiques et culturels trop souvent occultés», a-t-elle analysé. Elle a fustigé «les postures politiciennes, les provocations et les discours qui déchirent, de la part de ceux qui refusent l’avancée de l’Algérie, sa souveraineté nationale, son rôle diplomatique mondial, son non-alignement et sa liberté de choisir ses alliances».

«J’espère que les autorités françaises finiront par respecter cette souveraineté, comme je le fais profondément», a-t-elle ajouté, plaidant pour une «amitié réparée» par le dialogue et le respect mutuel.

Un devoir envers les jeunes générations

Enfin, Mme Royal a conclu par une citation de saint Augustin, l’Algérien né à Tagaste : «La vérité est comme un lion, laisse-la libre, elle se défendra elle-même».

Elle a appelé à «libérer la vérité de nos passés» pour bâtir «une nouvelle alliance, d’égal à égal, par des projets communs». La reconstruction de l’amitié franco-algérienne, a-t-elle martelé, est «un devoir envers les jeunes générations des deux pays, avides de collaborations fructueuses».

K. H.

 

 

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