Algérie-France: Nunez quitte Alger la main chargée de promesses sécuritaires

Par Kahina Hammoudi
Laurent Nunez, ministre français de l’Intérieur, a bouclé ce soir une visite express de deux jours en Algérie sur une note d’optimisme mesuré.
Réceptionné par le président Abdelmadjid Tebboune en fin d’après-midi, il s’est dit « satisfait » des avancées arrachées avec son homologue Saïd Sayouah et les patrons des services de sécurité des deux pays.
Mais derrière les sourires protocolaires, c’est un dossier brûlant qui domine : la relance d’une coopération sécuritaire à « très haut niveau », après 18 mois de vives tensions franco-algériennes.
L’agenda était serré, les enjeux colossaux. Dès lundi, Nunez et Sayouah ont planché toute la journée avec « l’ensemble des responsables des services de sécurité algériens et français ».
Au menu : coopération policière et judiciaire renforcée, partage de renseignement intensifié, et surtout, le retour forcé des Algériens sous OQTF (obligation de quitter le territoire français).
Tebboune lui-même a donné le ton lors de l’audience : il a instruit ses services de « travailler avec les Français pour améliorer significativement nos coopérations » en police, justice et réadmissions.
« Évidemment, comme ministre de l’Intérieur, je m’en félicite », a lancé Nunez à la sortie de Dar El-Izza, remerciant au passage Sayouah et Tebboune. « Tout ceci va se mettre en place dans les plus brefs délais », a-t-il promis, évoquant un « dispositif de coopération sécuritaire de très haut niveau » pour « densifier ces relations » et « reprendre des relations de sécurité normales ».
Alger et Paris partagent le vœu que ces liens, en sécurité comme en immigration, « se poursuivent à très haut niveau ».
Cette escapade algéroise de Nunez marque un tournant. Elle enclenche une sortie de crise diplomatique, scellée par une poignée de main au palais présidentiel.
K. H.




