Adhésion de l’Algérie aux BRICS: Les atouts et les points faibles…

Points forts et points faibles autour de la candidature de l’Algérie aux BRICS.
Des comparatifs objectifs sur les indicateurs économiques et financiers notamment, entre l’Algérie et quelques pays permettent une meilleure lisibilité .
Il est utile de nuancer : l’Algérie cherche une qualité de membre observateur. Dans une première phase. Et sur ce chapitre , elle affiche de bons points.
En matière d’indice de développement humain ( IDH) l’Algérie se classe première au Maghreb et 3 ème en Afrique. Sur ce paramètre , en se positionnant 91eme mondial ( sur 191 pays ) elle fait mieux que deux membres des BRICS, l’Inde classée à la 132 ème position et l’Afrique du Sud à la 109 ème.
L’indice de développement humain est établi par le PNUD.
Au plan de l’indice de sécurité alimentaire, l’Algérie est 54 ème au monde mais surtout 1 ère en Afrique.
Ce qui est également remarquable à relever , c’est qu’en matière de niveau de réserves de changes, l’Algérie est également au sommet du continent africain avec plus de 63 milliards de dollars. Alors que l’Afrique du Sud , membre des BRICS, se classe à la seconde position avec 61 milliards de dollars.
Autre fait qui relèverait presque de l’insolite, c’est le PIB par habitant .
En inde, il est de 2036 dollars, alors que l’Algérie l’affiche à 3600 dollars ! Sur cet indicateur , c’est le Brésil qui vient en tête des pays des BRICS avec près de 16600 dollars par habitant. Dans cette mesure , c’est la population , nombre d’habitants qui absorbe la performance globale du PIB du pays.
En Egypte , il est de 2573 dollars, alors qu’au Nigeria il se situe autour de 2050, dollars.
Il est vrai que l’Algérie peut se considérer politiquement en état de souveraineté, libre de ses décisions du fait qu’elle ne traine aucune trace d’endettement extérieur, mais son niveau de production de croissance avec un PIB global de 193 milliards reste tout juste moyen. Il est surtout dominé par les hydrocarbures à plus de 40% même si l’agriculture s’est hissée à plus de 15% .
À titre comparatif, l’Afrique du Sud fait 2 fois mieux avec 420 milliards de dollars , l’Inde réalise 3534 milliards de dollars de PIB tandis que la Chine trône avec les 19910 milliards de dollars.
Cependant, l’Égypte qui compte une population de plus de 100 millions d’habitants et qui traine un lourd endettement, réalise un PIB de 404 milliards de dollars ( deux fois celui de l’Algérie) alors que l’Iran l’affiche à 360 milliards et enfin le Nigeria à 441 milliards.
C’est dire que c’est à ce niveau que l’Algérie est attendue pour améliorer ses performances.
En outre , le poids de l’économie parallèle qui persiste à peser en Algérie malgré les engagements sur la numérisation de tous les circuits d’affaires , pourrait néanmoins être considéré comme un point susceptible de noircir le tableau.
Dans la perspective de gagner une place au sein des BRICS, l’Algérie affiche sa stratégie qui consiste à déployer une nouvelle vision économique avec l’annonce de grands projets d’envergure internationale.
Des atouts dormants, tels les immenses réservoirs miniers ainsi que les secteurs agricoles et les méga projets de chemins de fer sont mis en avant dans l’objectif de mobiliser ces inestimables ressources appelées à se substituer aux hydrocarbures qui dominent encore l’économie du pays.
Le défi ne fait que commencer. L’accompagnement de ces projets confié aux Chinois via des partenariats et des sociétés mixtes participe de cette volonté des pouvoirs publics d’accélérer la cadence notamment pour la diversification des sources de richesses. En la matière, le savoir faire et la célérité des chinois sont plus que reconnus.
Conscients de la complexité du processus d’adhésion aux BRICS, processus qui conditionne toute candidature à un minimum de critères , les hautes autorités du pays ont exprimé leur demande officielle de faire partie de cet espace.
Le président de la république Abdelmadjid Tebboune a fait de grandes annonces en la matière. Il a officiellement exprimé la volonté de l’Algérie de prendre part au capital de la banque des BRICS avec une participation de « 1 milliard et demi de dollars, dans un premier temps» a-t-il fait savoir. La demande de l’Algérie est désormais officiellement introduite.
Forte de l’appui des Russes et de la Chine, l’Algérie compte également sur le soutien de l’Afrique du Sud et du Brésil, mais reste en attente d’une clarification de position de la part du cinquième membre des BRICS, l’Inde en l’occurrence qui n’a jusqu’ici manifesté aucun avis sur la question.
En attendant le sommet des BRICS qui se tiendra le 22 Août prochain en Afrique du Sud où l’examen d’une vingtaine de candidatures est programmé , l’Algérie sait déjà qu’une place en qualité de membre observateur passe par des objectifs concrets qu’elle est tenue de réaliser.
La voie vers les BRICS passe surtout par Pékin qui a fait part de ses projets d’accompagnement de l’économie algérienne avec plus de 36 milliards de dollars d’investissements . Une annonce qui vaut engagement et qui va jouer en faveur de la candidature de l’Algérie.
A.A




