Actifs industriels récupérés : L’Etat fixe l’échéance d’exploitation au 31 décembre 2026

Par Nadera Rebiai

Après des années de procédures judiciaires, le gouvernement algérien passe à la phase de remise en production des biens saisis.

Le ministre de l’Industrie, Yahia Bachir, a fixé un cap clair : achever d’ici au 31 décembre 2026 la récupération et la remise en activité des unités industrielles confisquées dans le cadre de la lutte contre la corruption.

L’annonce, faite jeudi 6 août 2026 lors d’une visite d’inspection à Annaba, s’inscrit dans une accélération politique amorcée la veille à Alger.

Une échéance confirmée sur le terrain

« Nous ne nous arrêterons pas avant d’avoir achevé le processus », a déclaré Yahia Bachir, précisant qu’une grande partie des unités concernées avait déjà été récupérée, sans toutefois communiquer de bilan chiffré actualisé à cette occasion.

Au-delà de la récupération juridique des biens , exécution des décisions de justice définitives, transfert au secteur public … l’enjeu affiché est désormais leur réintégration effective dans le circuit économique : réhabilitation des installations, affectation à des groupes publics, redémarrage de la production.

Le signal donné par le Premier ministre

Cette annonce fait suite à un geste politique fort : la veille, mercredi 5 août, le Premier ministre Sifi Ghrieb a inauguré à Réghaïa une usine de plaquettes et garnitures de frein, installée sur un site récupéré et confiée à la Société de maintenance de l’Est, filiale du Groupe industriel des ciments d’Algérie (GICA), Il a réaffirmé que toutes les unités confisquées devaient être relancées, conformément aux orientations présidentielles.

Un bilan déjà engagé, des chiffres à recouper

Le dossier avance depuis plusieurs années, une intervention du ministre devant l’Assemblée populaire nationale, en février 2026, faisait état de 92 unités de production transférées au portefeuille public, dont 62 relancées entre 2024 et 2025, 22 programmées pour 2026 et 8 supplémentaires prévues en 2027, un autre bilan, communiqué en 2025 par le directeur général des Domaines, évoquait 139 unités récupérées ou transférées.

Parmi les dossiers emblématiques déjà réglés figurent l’usine d’huile Safia, intégrée au groupe Agrodiv, la sucrerie de Khemis El-Khechna, transférée à Madar, ou encore l’usine de conduites de grand diamètre de Fornaka…. désormais l’agroalimentaire, notamment le sucre et l’automobile restent les secteurs les plus représentés dans ce portefeuille d’actifs récupérés.

Entre le tribunal qui restitue et l’usine qui redémarre, il aura fallu plusieurs années, le 31 décembre 2026 fixe désormais un terme à cette attente.

N.R

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