À quoi joue le Makhzen ?

Par Kahina Hammoudi
Dans un contexte où le Royaume chérifien peine à contenir une crise socioéconomique profonde et une pauvreté galopante qui rongent son propre peuple, le Makhzen semble choisir un autre terrain de jeu : la désinformation et les campagnes médiatiques visant à déstabiliser son voisin, l’Algérie.
La dernière manœuvre en date concerne une lettre attribuée à Boualem Sansal, écrivain franco-algérien détenu en Algérie, largement relayée par des relais médiatiques marocains et certains cercles d’extrême droite en France.
Cette lettre, prétendument écrite depuis sa cellule, a fait grand bruit sur les réseaux sociaux à compter du 12 août dernier, notamment par le biais d’un certain Oualid Kebir, se présentant comme journaliste marocain et connu pour son discours virulent contre l’Algérie et son peuple.
La large couverture accordée à ce document par des médias tels que Hespress, Barlamane ou Maroc Hebdo atteste d’une stratégie bien orchestrée visant à jeter le doute et à alimenter la polémique autour de Boualem Sansal.
Toutefois, à y regarder de plus près, cette lettre relève d’une pure falsification.
L’avocat de l’écrivain, Maître Pierre Cornut-Gentille, a fermement démenti son authenticité, dénonçant une manipulation manifeste.
Il met en lumière une erreur factuelle majeure : contrairement à ce qui est inscrit sur le document, Boualem Sansal n’est pas incarcéré à la prison d’El Harrach mais à Koléa.
Ce détail, loin d’être anodin, met à nu la supercherie délibérée dont le contenu est l’objet.
Dans ce contexte, cette nouvelle intoxication médiatique du Makhzen illustre une stratégie visant à détourner l’attention de ses propres difficultés internes.
Plutôt que de s’attaquer aux racines des graves problèmes sociaux et économiques qui affectent sa population, le Makhzen mobilise ses relais médiatiques pour s’en prendre à un pays voisin souverain, à travers des campagnes mensongères qui ne sauraient entacher la solidité de l’État algérien ni la détermination de son peuple.
Par ailleurs, une autre affaire emblématique révèle le déni et la tentative d’étouffement orchestrés par le Makhzen : l’agression de Sion Assidon, militant et écrivain marocain connu pour son engagement en faveur des droits humains.
Cette attaque violente, commise sous des circonstances suspectes, semble être sciemment minimisée par les autorités marocaines qui cherchent à noyer l’affaire dans l’oubli. Cet acharnement à dissimuler la vérité contraste tragiquement avec la mobilisation médiatique déployée pour manipuler l’opinion autour de campagnes anti-algériennes. Il s’agit là d’un double standard qui révèle le malaise profond du régime face à ses propres contradictions.
Cette tentative de déstabilisation à deux niveaux, tant interne qu’externe, reflète surtout l’état de faiblesse et d’agitation dans lequel se trouve le régime marocain, qui cherche désespérément à exister sur la scène régionale par le truchement d’une guerre de l’information à outrance.
L’Algérie, forte de ses institutions solides et de la vigilance de ses citoyens, ne saurait être ébranlée par de telles manœuvres. La vérité finit toujours par triompher face aux faux-semblants orchestrés par ceux qui, acculés, préfèrent la calomnie à l’autocritique.
K. H.




