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Algérie-Italie : le gaz algérien, un pilier incontournable pour Rome

Par Kahina Hammoudi 

Les échanges commerciaux entre l’Algérie et l’Italie ont atteint près de 6,78 milliards d’euros au premier semestre 2026, confirmant la place centrale qu’occupe l’Algérie parmi les partenaires énergétiques de Rome, selon des données Eurostat relayées par l’agence italienne Nova.

Le gaz algérien, toujours indispensable à l’Italie

Le constat est sans appel : l’Algérie demeure de loin le principal fournisseur de gaz naturel de l’Italie, avec des exportations évaluées à environ 4,3 milliards d’euros, soit plus de 82 % de l’ensemble des importations italiennes en provenance d’Algérie. Un volume resté quasiment stable sur un an (-0,06 %), preuve de la solidité et de la fiabilité du partenariat énergétique algéro-italien, à l’heure où l’Europe cherche à diversifier ses sources d’approvisionnement.

À ce socle gazier s’ajoutent les produits pétroliers raffinés (442 millions d’euros) et le pétrole brut (327 millions d’euros), qui confirment le poids stratégique de l’Algérie dans la sécurité énergétique de son voisin du nord de la Méditerranée.

Globalement, les importations italiennes depuis l’Algérie s’élèvent à 5,22 milliards d’euros sur les six premiers mois de 2026, un chiffre certes en recul de 4,8 % sur un an, mais qui illustre surtout la fluctuation des prix de l’énergie sur les marchés internationaux plutôt qu’un désengagement de Rome vis-à-vis de son partenaire algérien.

Une modernisation algérienne qui s’appuie sur l’expertise italienne

De leur côté, les exportations italiennes vers l’Algérie ont progressé de 7,5 % pour atteindre 1,56 milliard d’euros, tirées notamment par les machines et équipements industriels (650 millions d’euros, +52,6 %). Un signal qui traduit la dynamique de modernisation engagée par l’Algérie, laquelle mobilise des technologies étrangères — turbines, pompes, compresseurs, équipements destinés au BTP, à l’agroalimentaire ou à la plasturgie — pour accompagner la diversification de son économie et le renforcement de son appareil de production national.

Cette montée en puissance des importations de biens d’équipement s’inscrit dans la stratégie algérienne de modernisation industrielle et agricole, plutôt que dans une dépendance technologique, l’Algérie choisissant ses partenaires selon ses propres priorités de développement.

Vers un partenariat élargi à l’agriculture

Cette complémentarité devrait encore se renforcer avec la visite prévue à Alger, les 28 et 29 septembre, d’une délégation de 15 entreprises italiennes spécialisées dans les technologies agricoles, à l’initiative de l’Agence italienne pour le commerce extérieur (ITA) et de la fédération FederUnacoma. Cette mission vise à explorer de nouvelles opportunités de coopération dans le machinisme agricole et les systèmes d’irrigation — des secteurs jugés stratégiques par Alger dans sa quête de sécurité alimentaire et de modernisation du secteur agricole national.

Au final, ces chiffres confirment un équilibre où l’Algérie, forte de ses ressources énergétiques et de son marché en pleine expansion, reste un partenaire incontournable pour l’économie italienne, tout en orientant sa coopération vers ses propres priorités de développement.

K. H. 

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