Le CREA à la FIA 2026 : quand la sous-traitance devient le moteur de l’industrie automobile

Par Nabila Saidoun
La filière automobile algérienne poursuit sa montée en puissance. A l’occasion de la 57e Foire Internationale d’Alger (FIA), la Commission Nationale de sous-traitance automobile du CREA (Conseil du Renouveau Économique Algérien) a mis en avant les leviers destinés à renforcer l’intégration locale, développer les partenaires industriels et accélérer la structuration d’un écosystème national compétitif.
Depuis le stand consacré à la sous-traitance automobile, le coprésident de l’Association des industries algériennes (AIDA), Walid Oulad Daoud, nous a présenté, hier, les missions de cette nouvelle instance pensée comme un cadre de concertation, d’organisation et de mise en réseau des différents intervenants de la chaine de valeur industrielle.
Fédérer les acteurs de l’écosystème automobile
Selon notre interlocuteur, cette initiative répond à un enjeu stratégique majeur : rassembler au sein d’une même dynamique les constructeurs, les équipementiers, les fabricants de matériels mécaniques et agricoles, les producteurs de véhicules légers et lourds ainsi que les entreprises spécialisées dans les deux-roues.
L’ambition affichée est de renforcer les synergies entre les donneurs d’ordres et les sous-traitants afin de structurer un écosystème industriel performant et intégré. Cette démarche vise, également, à valoriser le potentiel et les compétences du tissu industriel national, dont les capacités de production et d’intégration ne cessent de croitre.
Une intégration locale en progression
Walid Oulad Daoud a souligné que plusieurs constructeurs implantés en Algérie ont déjà entamé l’intégration de composants fabriqués localement dans leurs chaînes de production. Une évolution qu’il considère comme particulièrement encourageante pour l’avenir de l’industrie automobile nationale.
Dans cette optique, la Commission nationale de sous-traitance automobile accompagne les opérateurs économiques et les pouvoirs publics dans leurs efforts visant à accroître la production locale, améliorer les taux d’intégration et promouvoir l’exportation des produits industriels algériens.
Sur le plan organisationnel, le responsable a indiqué que la commission connaît une croissance soutenue depuis son lancement. Elle regroupe aujourd’hui plus d’une centaine d’adhérents et ambitionne d’atteindre, rapidement, près de 300 autres.
Cette démarche de proximité vise notamment à identifier les entreprises disposant de capacités industrielles réelles et d’unités de production opérationnelles susceptibles d’intégrer la chaîne de sous-traitance automobile.
La commission entend également mener un important travail de cartographie du tissu industriel afin de mieux identifier les acteurs du secteur et de faciliter les mises en relation entre industriels.
Elle joue également un rôle d’interface entre les investisseurs étrangers et les sous-traitants locaux, contribuant ainsi à la recherche de partenaires fiables dans le cadre du développement de nouveaux projets industriels en Algérie.
Vers une industrie automobile plus compétitive
Évoquant les mutations en cours du paysage industriel national, Walid Oulad Daoud a souligné avec force la transformation progressive de plusieurs importateurs en producteurs. Cette dynamique participe, de son avis, à la réduction de la facture des importations, au renforcement de la souveraineté industrielle et à l’émergence d’un secteur automobile compétitif.
À travers cette initiative, le CREA ambitionne de poser les bases d’une filière automobile nationale performante, fondée sur la valorisation des compétences locales, l’augmentation du taux d’intégration et le développement d’une base industrielle répondant aux standards internationaux.
N.S




