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Sixième jour de grève de la faim d’Enâma Asfari : la France doit rompre son silence complice

 Par Kahina Hammoudi

Depuis le 8 juin 2026, Enâma Asfari, prisonnier politique sahraoui, mène une grève de la faim illimitée à la prison centrale de Kénitra, au Maroc. Ce sixième jour de privation totale place sa santé dans une urgence vitale immédiate.

Un militant détenu arbitrairement pendant 16 ans

Enâma Asfari (parfois orthographié Naâma ou Ennaâma) est un figure centrale de la lutte pacifique pour l’autodétermination du Sahara occidental. Il a été arrêté en 2010 et condamné à 30 ans de prison à l’issue d’un procès internationalement dénoncé comme une « parodie de justice ».

Le United Nations Committee Against Torture a confirmé en 2016 que le Maroc avait violé six articles de la Convention contre la torture et que ses aveux avaient été extorqués sous la torture. Le United Nations Working Group on Arbitrary Detention a reconnu en 2023 son emprisonnement comme arbitraire et exigé sa libération immédiate.

L’appel solennel du maire d’Ivry-sur-Seine

Face à cette urgence absolue, Philippe Bouyssou, maire réélu d’Ivry-sur-Seine le 28 mars 2026, a adressé un appel solennel aux autorités françaises pour qu’elles interviennent immédiatement. Asfari est citoyen d’honneur de cette commune française depuis 2016.

L’épouse qui se bat seule contre le silence européen

Claude Mangin-Asfari, épouse française d’Asfari et enseignante dans un collège de la région parisienne, lutte depuis des années presque seule pour alerter l’opinion publique européenne. Son combat courageux a fait d’Ivry-sur-Seine un bastion historique de solidarité avec le peuple sahraoui.

En mai 2024, elle a déclaré dans une interview à Médiapart que Macron « a tout faux » sur la décolonisation du Sahara occidental.

Le silence français devient insoutenable

Depuis six jours de grève de la faim dans des conditions carcérales dont la brutalité est largement documentée, nous ne sommes plus dans la protestation symbolique mais face à une urgence humaine immédiate.

Paris, si prompt à invoquer les droits humains sur d’autres théâtres internationaux, maintient une complaisance coupable envers le Maroc malgré des violations massives, répétées et documentées.

Responsabilité historique du Maroc colonial

Si rien n’est entrepris dans les prochains jours, le Maroc portera l’entière responsabilité de toute dégradation irréversible de la santé d’Enâma Asfari. Ceux qui, par calcul diplomatique ou lâcheté politique, se seront tais assumeront eux aussi leur part de responsabilité dans ce drame annoncé.

Le 13 juin 2026, l’association AARASD-France a lancé une campagne internationale de mobilisation pour la libération des prisonniers politiques sahraouis du groupe Gdeim Izik, dont Asfari.

Enâma Asfari n’est pas un détenu ordinaire. Il est le symbole éclatant de la répression systématique menée contre les militants sahraouis. Son silence ne peut être que le nôtre – tant que la France n’aura pas rompu son complice silence.

K. H. 

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