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Algérie-Tchad : 30 accords explosifs après la visite de Déby Itno

Par Kahina Hammoudi

La visite éclair du président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno en Algérie a débouché sur près de 30 accords et mémorandums d’entente. Pas du vent. Un virage stratégique. Karim Belgacem, analyste en stratégie internationale et professeur de géopolitique, le dit cash : les deux pays passent des belles paroles aux actes concrets. Un nouveau chapitre s’ouvre pour l’Afrique.

Invité par la Chaîne 3 de la Radio algérienne, Belgacem a souligné que «c’est un grand avancement dans les relations Algérie-Tchad. On arrête les discours, on passe à l’action».

L’Afrique ? Le continent du XXIe siècle. Personne n’ignore plus cette évidence. L’Algérie, qui se veut la porte d’entrée de l’Afrique, embarque dans ce train express. Impossible à stopper.

Sécuriser pour mieux investir

D’abord, la sécurité. Le Sahel est une poudrière. Terrorisme, instabilités politiques et économiques : le terreau parfait pour le chaos. L’Algérie a tout intérêt à épauler le Tchad. Son expertise en matière de lutte antiterroriste ? Inestimable. Formation des forces tchadiennes, partage d’intelligence, soutien logistique. Le Tchad voit en Alger un allié fiable. Non interventionniste. Solide.

Mais Belgacem va plus loin. Au-delà des armes, l’Algérie sécurise son flanc sud en investissant dans le développement. « Nécessaire pour sécuriser le voisinage et booster l’économie », résume-t-il. Ces accords ne concernent pas que le Tchad. Toute la zone sud-africaine est dans le viseur. Partenariat stratégique intégré. Un modèle africain de coopération interétatique qui pourrait inspirer le continent.

Les enjeux économiques : pétrole, agriculture et jeunesse, le jackpot tchadien

Plongeons dans le cœur économique de ces 30 accords. Le Tchad, pays enclavé, regorge de potentiel. Pétrole en premier. Avec ses gisements massifs, il attire les regards. L’Algérie, géant énergétique africain, apporte son savoir-faire : exploration, raffinage, pipelines. Sonapi et Sonatrach pourraient co-investir pour exporter vers le Nord. Finies les dépendances extérieures. Un axe Alger-N’Djamena qui défie les monopoles occidentaux.

Agriculture ensuite. Le Tchad dispose de terres fertiles, mais manque d’irrigation, de semences modernes et de marchés. L’Algérie injecte des fonds pour des projets agro-industriels. Cultures de coton, sorgho, riz. Partenariats avec des entreprises algériennes pour transformer sur place. Objectif : autosuffisance alimentaire et exportations vers le Sahel. Moins de famines, plus de stabilité.

Infrastructures obligent. Routes, ports secs, chemins de fer. Le Tchad est coupé du monde. L’Algérie finance des corridors logistiques reliant N’Djamena à Tamanrasset. Un pont terrestre vers la Méditerranée. Énergie solaire et électricité partagée pour électrifier les zones rurales. Cosider et autres géants algériens au boulot.

Et la jeunesse ? Le Tchad en déborde. 70% de la population a moins de 30 ans. Chômage massif, migrations folles. L’Algérie ouvre ses universités : bourses, formations en ingénierie pétrolière, agriculture high-tech, gestion sécuritaire. Retour au pays avec des compétences. BTP, tourisme saharien : des jobs créés. «Développer pour éradiquer terrorisme, pauvreté et flux migratoires», martèle Belgacem.

Un modèle africain à l’épreuve

Bilan ? L’Algérie ne se contente pas de prêter main-forte. Elle bâtit un partenariat gagnant-gagnant. Exportations algériennes boostées. Marchés conquis au Sud. Le Tchad gagne en souveraineté économique. Ensemble, ils défient les ingérences françaises ou qatariennes dans la région. Un axe Algérie-Tchad qui rayonne sur le Lac Tchad et le Sahel.

Ces accords de 2026 marquent un tournant. L’Afrique se lève. L’Algérie en tête.

K. H.

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