L’inflation retombe à 1,2 % en février, au plus bas depuis plusieurs années

Par Lynda.N

En février 2026, pendant que les prix mondiaux s’emballaient sous l’effet de la crise du Golfe, l’Office national des statistiques (ONS) publiait des chiffres qui tranchaient avec le reste de la région. L’inflation annuelle en Algérie s’établissait à 1,2 %, soit le niveau le plus bas enregistré depuis plusieurs années dans le pays.

En effet, les prix des biens alimentaires ont reculé de 1,6 % sur un an, portés principalement par la baisse des produits agricoles frais, en repli de 2,1 %, dont 8,1 % pour la viande et les abats de mouton.

Les produits alimentaires industriels ont suivi le même mouvement, avec une baisse de 1,1 %, le café accusant à lui seul une réduction de 4,7 %. C’est cette désinflation alimentaire qui tire vers le bas l’ensemble de l’indice général des prix.

La Banque mondiale, dans son dernier rapport de suivi de l’économie algérienne, relevait que la décélération de l’inflation depuis la mi-2024 était d’autant plus notable qu’elle succédait à deux années de pics proches de 10 %.

Elle soulignait son impact concret sur les ménages les plus modestes, pour lesquels les dépenses alimentaires représentent plus de la moitié du budget familial.

La tendance s’explique en partie par les mesures adoptées ces deux dernières années pour encadrer la spéculation, réduire les intermédiaires dans les circuits de distribution et garantir une offre suffisante en produits de base sur les marchés intérieurs. Ces dispositifs semblent avoir eu un effet durable, la décélération s’étant maintenue plusieurs mois consécutifs depuis fin 2024.

Le timing présente une certaine ironie. Alors que la fermeture du détroit d’Ormuz depuis fin février fait peser sur les chaînes d’approvisionnement mondiales des pressions inflationnistes considérables, l’Algérie se retrouve dans une position relativement confortable.

Un taux d’inflation à 1,2 % laisse une marge d’absorption non négligeable face à un éventuel choc sur les prix à l’importation. Le pays dispose en outre d’un levier supplémentaire : la hausse des recettes pétrolières liée à la flambée du brut lui ménage la possibilité de revaloriser le taux de change du dinar pour amortir le renchérissement des importations.

La Banque d’Algérie n’a pas encore précisé si elle entendait activer ce levier dans les prochaines semaines.

L.N

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