Le Hadj 2026 pris en otage par la guerre

Par Lynda.N

Des milliers de pèlerins algériens ont réservé leur voyage en février. Depuis, les frappes sur l’Iran ont fermé des espaces aériens, bloqué des fidèles en transit et rendu incertain chaque départ vers La Mecque.

Le 24 février, des milliers d’Algériens finalisaient leurs réservations via le portail Bawabet El Hadj.

Quatre jours plus tard, les premières frappes américano-israéliennes sur l’Iran précipitaient la décision d’Air Algérie d’annuler l’ensemble de ses vols vers Amman, Dubaï et Doha.

Pour des hommes et des femmes qui attendaient ce voyage depuis des années, parfois depuis une vie entière, le choc n’avait rien d’un simple désagrément logistique.

La saison de l’Omra a encaissé le premier coup. Des fermetures partielles ou totales d’espaces aériens ont provoqué des annulations en chaîne et des retards prolongés sur les itinéraires vers l’Arabie saoudite, alors que la demande spirituelle restait très forte.

Des pèlerins ayant transité par des pays qui avaient fermé provisoirement leur espace aérien se sont retrouvés sans date de retour, les informations circulant au compte-gouttes, les familles restées en Algérie dans l’inquiétude.

Le consulat algérien à Dubaï a obtenu une exemption des amendes pour dépassement de séjour. L’ambassade à Mascate a organisé un passage terrestre via le poste frontalier d’Al-Rub’ al-Khali en coordination avec Riyad. Ces mesures d’urgence ne règlent rien sur le fond.

Premier départ fixé au 29 avril, dans un ciel incertain

L’Office national du pèlerinage et de la Omra maintient le cap. Premier départ le 29 avril depuis l’aéroport Houari-Boumediene, avec douze aéroports retenus à travers le territoire national.

Le programme de vols Air Algérie vers Médine et Djeddah reste officiellement soumis à des «ajustements opérationnels réguliers», sans aucune garantie sur ce qu’il restera d’ici six semaines.

La situation militaire n’incite guère à l’optimisme. Le 11 mars, deux drones iraniens sont tombés à proximité de l’aéroport international de Dubaï, blessant quatre ressortissants étrangers. C’était le deuxième incident de ce type depuis le début du conflit.

Les Gardiens de la révolution annonçaient le même jour avoir lancé leur opération “la plus intense depuis le début de la guerre”.

Lors de la guerre des Douze Jours, en juin 2025, Qatar Airways avait fermé son espace aérien pendant huit heures, bloquant 20 000 passagers entrants et 10 000 sortants à Doha.

Un scénario comparable en mai ou juin, au pic des rotations vers La Mecque, serait d’une tout autre ampleur.

L.N

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