A la Une

Pas de choc pétrolier imminent malgré la guerre au Moyen-Orient, selon Boudjema Hamada

Par Kahina Hammoudi 

La guerre au Moyen-Orient a entamé samedi sa deuxième semaine. Les répercussions sur les cours du pétrole sont notables : le baril de Brent dépasse désormais les 92 $, en hausse de plus de 30%. Il reste toutefois prématuré de parler de choc pétrolier, assure le professeur Boudjema Hamada, doyen de la faculté des hydrocarbures et de la chimie à l’université de Boumerdès.

«Je pense qu’il est trop prématuré de parler du choc pétrolier aujourd’hui, car les capacités de stockage ne sont pas encore épuisées», a-t-il déclaré lors de son passage dans l’émission «L’invité du jour» de la Chaîne 3 de la Radio algérienne.

Selon l’expert, un vrai choc pétrolier pourrait survenir dans quatre à cinq mois, si la situation perdure. D’ici là, les prix du pétrole comme du gaz vont continuer à flamber, impactant directement les stations-service, les matières premières pétrochimiques et gazières, et donc l’inflation globale.

Les pays les plus vulnérables sont ceux à forte demande énergétique : Pakistan, Inde, Chine, Corée du Sud et Japon. «Il y a aussi d’autres pays européens confrontés à cette situation. Pas mal de nations dans une position délicate sur les sources énergétiques», ajoute-t-il.

La Chine, autre cible des États-Unis

Interrogé sur les bombardements américains des installations pétrolières iraniennes, M. Hamada y voit une double stratégie. Non seulement pour frapper l’Iran, mais aussi pour entraver indirectement le boom économique et technologique chinois.

«La Chine a pris une avance particulière en économie et technologie. Pour ralentir son élan, il faut réduire ses approvisionnements en énergie», explique-t-il. «Si cette guerre perdure, Pékin peinera à s’approvisionner en ressources vitales pour son développement. C’est une guerre où l’économie mondiale est en jeu : celui qui accède à l’énergie booste son économie».

Seuls bénéficiaires : Russie et États-Unis, grands producteurs et exportateurs de pétrole et gaz de schiste. «Malgré les sanctions, la Russie en profitera : elle trouvera des acheteurs prêts à braver les restrictions pour s’approvisionner», conclut-il.

K. H. 

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page