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La chanson « Vava Amghar » revisitée : Kader et Lycia Nabeth sauvegardent le patrimoine d’Abdelouahab Abdjaoui

Par Kahina Hammoudi 

Dans les replis verdoyants de Yakouren, au cœur du village ancestral de Chebel, une mélodie oubliée renaît comme une source jaillissant des roches du Djurdjura : « Vava amghar », cette perle kabyle signée Abdelouahab Abdjaoui et Cheikh Sadek El Bejaoui, revisitée avec une tendresse infinie par Nabeth et sa fille Lycia Nabeth. Ce projet, tissé de cœur et de mémoire, nous invite à l’émerveillement poétique, où les voix du passé dialoguent avec celles du présent pour conjurer l’oubli.

Renaissance d’une Berceuse

« Vava amghar », hymne aux anciens sages enveloppés de burnous, évoque les veillées kabyles où les contes tissent les fils de l’identité. Abdelouahab Abdjaoui, né Rachid Baouche en 1925 à Béjaïa, disciple fidèle de Cheikh Sadek El Bejaoui, l’interprète dans les années 1940 à la radio locale, aux côtés d’artistes comme El Ghazi.

Reprise par Nabeth et Lycia dans ce village niché près d’Azazga, la chanson vibre d’une actualité brûlante, filmée avec l’âme brute des montagnes, rappelant que la musique kabyle, et algérienne en général, est un refuge contre l’effacement.

Sauvegarde du Patrimoine

Revisiter les anciennes chansons comme « Vava amghar » est un acte sacré, un rempart contre l’amnésie qui ronge les trésors berbères. Dans une Algérie où la musique kabyle, avec ses mandoles et ses flûtes, porte l’histoire des luttes et des amours, ces reprises nourrissent la mémoire collective, reliant générations et préservant l’essence poétique d’un peuple.

Elles deviennent ainsi un pont vivant, où le passé illumine l’avenir, évitant que les mélodies des pionniers ne sombrent dans le silence éternel.

Parcours d’Abdelouahab Abdjaoui

Fils de Béjaïa, Abdelouahab Abdjaoui (1925-2012) s’élève dans l’ombre de Cheikh Sadek El Bejaoui, intégrant la radio dans les années 1940 pour composer une centaine de chansons kabyles, imprégnées d’arabo-andalou et de terroir. Auteur-compositeur au verbe enraciné, il incarne les pionniers qui ont forgé la voix de la Kabylie, laissant un legs de mélodies simples et profondes, comme des ruisseaux gravant la pierre.

Nabeth et Lycia : Duo Filial

Nabeth, né en 1955 à Ath Lahcène en Ath Yenni, région des joailliers et des chants ancestraux, entame sa carrière dans les années 1970, marquant la chanson kabyle par ses compositions envoûtantes.

Sa fille Lycia Nabeth, voix pure bercée par ce lignage familial de musiciens, émerge en 2009 avec « Riyid Iles-iw », influencée par Idir et Brahim Izri, tout en perpétuant les valeurs kabyles.

Leur complicité père-fille, fusion de timbres et d’héritage, illumine « Vava amghar » : lui, le sage porteur de traditions ; elle, l’étoile montante qui les irradie d’une jeunesse ardente, un duo où le sang chante l’unisson des montagnes.

K. H. 

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