Le Maroc paralysé par une pénurie de kérosène : le Makhzen, maître de l’improvisation et de la gabegie

Par Kahina Hammoudi
Le Maroc s’enfonce dans le chaos. Ses aéroports, vitrines supposées de la « modernité » vantée par le palais, suffoquent sous une pénurie alarmante de kérosène. Les compagnies aériennes, qui osent encore atterrir dans le royaume chérifien, se voient contraintes d’arriver pleines à ras bord, comme des nomades fuyant le désert.
La Direction générale de l’aviation civile (DGAC) a beau jeu de distribuer ses injonctions : embarquez votre carburant avant le décollage, messieurs les pilotes ! Pour les long-courriers, c’est le maximum ; pour les courts et moyens, assez pour l’aller-retour, histoire d’éviter de quémander au Maroc ce qu’il n’a plus.
Le site le 360.ma l’écrit noir sur blanc ce dimanche 8 février : une crise née des intempéries, ces pluies torrentielles et inondations bibliques qui ont évacué plus de 100 000 personnes du Nord. Mais derrière la tempête, c’est le vrai visage du Makhzen qui se révèle : une fragilité criminelle, une gestion ubuesque gangrénée par la corruption.
Les ports, censés accueillir les navires-petriers, sont bloqués. Résultat ? Une pénurie de produits pétroliers qui frappe de plein fouet les aéroports, alors que le royaume dépend à 100% des importations.
Où sont les stocks stratégiques ? Au 5 février, le Maroc n’en comptait que 617 000 tonnes, soit 20 jours de consommation. Une misère face aux 11,7 millions de tonnes englouties en 2022, selon les chiffres officiels. Manque d’anticipation ? Plutôt une faillite totale du système, où les fonds publics s’évaporent dans les poches des courtisans et des barons du pétrole liés au palais.
Cette gabegie n’est pas un accident. Elle pue la corruption à plein nez, celle qui ronge le royaume depuis des décennies.
Pendant que le Makhzen parade avec ses projets pharaoniques – Tanger Med, Dakhla Atlantique –, les réserves vitales restent faméliques. Les intempéries n’excusent rien : elles exposent les défaillances d’un régime qui préfère engraisser ses élites plutôt que de sécuriser l’essentiel.
Les bateaux-petriers accostent-ils vraiment, ou leurs cargaisons sont-elles détournées vers les circuits occultes des puissants ? Les inondations révèlent une vulnérabilité structurelle, fruit d’une gouvernance prédatrice où l’anticipation cède la place à l’improvisation et aux pots-de-vin.
Le Maroc, ce géant aux pieds d’argile, paie l’addition d’un Makhzen qui ne sait gérer que la répression et le clientélisme.
K. H.




