Économie nationale, contexte géopolitique, politique sociale… ce qu’il faut retenir du discours du Président Tebboune

Par Kahina Hammoudi
Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, s’est adressé ce mardi à la nation devant les deux chambres du Parlement au Palais de la Nation à Alger.
Dans un discours riche en annonces et en réponses aux critiques, il a passé en revue les avancées économiques, sociales et politiques de l’Algérie, tout en évoquant les relations régionales. Voici les points clés.
Un dialogue politique constructif à venir
Tebboune a réaffirmé son engagement pour un dialogue avec les partis politiques. «Je me suis engagé, depuis cette tribune, à un dialogue politique avec les partis et je reste attaché à cet engagement, comme je l’ai déclaré et expliqué à certains présidents de partis que j’ai reçus», a-t-il déclaré.
Ce dialogue sera lancé dès «l’approbation du Parlement de la loi sur les partis» et «sera constructif», avec un engagement à «mettre en œuvre tout ce qui sera convenu avec les partis».
L’État social, un héritage intangible
Le chef de l’État a insisté sur le caractère social de l’État algérien. «L’Algérie est un État social et nous ne renoncerons pas à cette approche», a-t-il affirmé, liant cela au message du 1er novembre 1954 «que nous ne remplacerons pas et qu’aucun autre ne le remplacera».
Il a rappelé les sacrifices des martyrs pour «construire un État social, démocratique selon nos principes islamiques», et vanté les programmes en logement, éducation et santé : «Il n’existe aucun État dans le monde qui ait une politique sociale comme celle de l’Algérie».
Pouvoir d’achat protégé et avancées concrètes
Tebboune a assuré que «le pouvoir d’achat est protégé» grâce au soutien des prix des denrées alimentaires, de l’eau, de l’électricité, du logement et à la gratuité de l’éducation. «L’histoire ne retiendra pas que nous avons cessé de soutenir le citoyen démuni», a-t-il lancé, contrastant avec 2019 où « nous étions au bord du gouffre ». Depuis, 1,7 million de logements ont été réalisés, les salaires augmentés et 82 000 emplois créés.
Économie en pleine dynamique
«Notre économie va bien», a rassuré le président, citant une baisse de l’inflation et une politique de production nationale qui génère «une grande dynamique, après un désert industriel».
Le secteur industriel contribue désormais à 10% du PIB, avec l’ambition de 13%. Parmi les faits marquants : 19 000 projets d’investissement (8 242 milliards DA, 500 000 emplois créés), 309 projets étrangers, 13 000 start-ups (dont certaines internationales), 80% d’autosuffisance pharmaceutique, des avancées ferroviaires («lorsque l’Algérien décide, il accomplit un miracle»), la mine de Gara Djebilet (troisième mondiale en fer) et un projet de phosphate multiplié par cinq. Un échec toutefois : la production de viandes, avec un appel aux professionnels pour privilégier l’autosuffisance.
Relations au beau fixe avec la Tunisie et fermeté sur la Palestine
Tebboune a écarté les rumeurs de discorde avec Tunis. «L’Algérie n’a jamais intervenu dans les affaires internes de la Tunisie sœur, et [son] armée n’a jamais foulé le sol tunisien», a-t-il rappelé, saluant l’esprit nationaliste tunisien et son homologue Kaïs Saïed : «Le président Kaïs Saïed n’est ni un accommodant ni un pressé […] quiconque touche à la Tunisie touche à l’Algérie».
Sur la Palestine : «Nous resterons fermes dans notre position sur la Palestine, nous ne changerons pas».
Ce discours illustre la vision d’une Algérie résiliente, ouverte aux investissements et attachée à ses principes sociaux et souverainistes.
K. H.




