Abdelmadjid Tebboune : l’architecte de la Conférence historique sur les crimes coloniaux en Afrique
Par Kahina Hammoudi
Dimanche 30 novembre 2025, au Centre international de conférences « Abdelatif Rahal » à Alger, s’est ouverte une conférence d’une portée historique et politique immense pour le continent africain : la Conférence internationale sur les crimes coloniaux en Afrique.
Cette réunion décisive, tenue sous le haut patronage du président Abdelmadjid Tebboune, est l’incarnation de la lutte ardente pour la mémoire et la dignité des peuples africains victimes du colonialisme. C’est le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, qui a, en ouverture, porté fièrement le message du chef de l’État, évoquant avec force la légitimité de cette initiative qui a vu le jour lors du dernier sommet ordinaire de l’Union africaine, un appel unanime salué par tous les États frères d’Afrique.
Ahmed Attaf n’a pas ménagé ses mots en soulignant que l’Afrique a le droit inconditionnel d’exiger une reconnaissance officielle et explicite des crimes infligés sur son sol pendant l’ère coloniale, rappelant le coût humain, économique et social que paient encore ces peuples en termes de marginalisation et de sous-développement.
Cette reconnaissance est pour lui « le minimum » exigé pour ouvrir la voie à une réparation historique et substantielle. Il a, dans le même souffle, porté la revendication phare : la criminalisation sans équivoque du colonialisme à l’échelle mondiale, faisant écho à la pensée de Frantz Fanon, pour qui le colonialisme est une violence brute ancrée dans la réalité des peuples colonisés. Cette criminalisation doit, selon Attaf, dépasser la simple condamnation des pratiques qui en découlent, pour viser la racine même du mal.
Outre la reconnaissance et la criminalisation, la conférence mettra en avant la nécessité des réparations pour les biens pillés et les souffrances endurées, ainsi que la restitution des richesses spoliées par les puissances coloniales.
L’initiative de Tebboune, en lien étroit avec la Commission de l’Union africaine, vise notamment à préparer la « Déclaration d’Alger », qui deviendra un texte de référence pour toute l’Afrique à soumettre au sommet de l’UA en février 2026.Cette conférence ne se limite pas à un simple retour sur le passé : elle est un acte politique de décolonisation profonde, notamment en évoquant le sort du Sahara occidental, dernière colonie en Afrique, et la lutte du peuple palestinien pour son autodétermination.
C’est un cri de résistance et de justice, un appel à la solidarité africaine et internationale pour tourner la page des oppressions coloniales tout en traitant leurs conséquences actuelles.Ce texte s’appuie sur plusieurs sources dont la déclaration d’Ahmed Attaf lors de l’ouverture officielle de la conférence, les articles détaillant cette initiative historique et les revendications portées par l’Algérie et l’Union africaine sur le sujet.
K. H.





