Maroc : La Gendarmerie royale rejoint le mouvement populaire contre la monarchie

Le Maroc, qui depuis trop longtemps ploie sous un système politique verrouillé, fait face à une contestation qui ne peut plus être ignorée. 

Par Kahina Hammoudi

Au Maroc, un secret jusque-là bien gardé commence à se fissurer. Des membres de la Gendarmerie royale, ces uniformes que l’on croyait indéfectiblement fidèles au trône chérifien, viennent de jeter un pavé dans la mare du pouvoir.

Leur ralliement au mouvement populaire exigeant l’abolition de cette monarchie injuste résonne comme un cri étouffé longtemps contenu.

Longtemps, la Gendarmerie royale a été présentée comme l’ultime rempart de la stabilité, garante du maintien d’un ordre hérité d’un système autoritaire centré sur un roi « tout-puissant ».

Mais aujourd’hui, certains de ses membres se rebellent et refusent de servir un régime qui écrase les voix de la contestation et ignore les souffrances populaires.

Ce geste, d’une portée politique et symbolique majeure, secoue les piliers mêmes du régime. Il traduit une fracture profonde, née des décennies de répression, d’inégalités sociales criantes, et d’un pouvoir monarchique déconnecté des réalités du peuple.

Ces gendarmes, agents de l’autorité d’État, se mettent du côté des opprimés, des jeunes avilis, des travailleurs précarisés, des voix minorées qui réclament justice et liberté.

Le Maroc, qui depuis trop longtemps ploie sous un système politique verrouillé, fait face à une contestation qui ne peut plus être ignorée.

Le ralliement de ces membres de la Gendarmerie royale à la cause populaire jette une lumière crue sur la nature autoritaire de cette monarchie “jaugre” — un mot qui sonne désormais comme un défi lancé au verrouillage du pouvoir.

Dans ce bras de fer entre un système à bout de souffle et un peuple en quête d’émancipation, la rupture d’une institution clé comme la Gendarmerie résonne comme un appel à la remise en question radicale.

Il ne s’agit plus seulement de simples revendications : c’est la légitimité même du pouvoir chérifien qui est aujourd’hui en jeu.Loin des discours officiels, cette prise de position est le symptôme d’un Maroc au bord de la transformation, où le silence des armes pourrait bien se briser au nom d’une justice enfin portée par ceux qui, hier, faisaient régner l’ordre où plutôt le désordre.

K. H. 

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