Santé : revalorisations salariales substantielles avec effet rétroactif pour les professionnels du secteur

Par Kahina Hammoudi

Dans une démarche ambitieuse visant à reconnaître et à valoriser le rôle essentiel des professionnels de santé, le gouvernement algérien a mis en œuvre une nouvelle politique de revalorisation salariale dans le secteur sanitaire, avec un effet rétroactif au 1er janvier 2025. Cette décision s’inscrit dans le cadre d’une série de mesures destinées à améliorer les conditions de travail et le pouvoir d’achat des agents de santé publique.

L’instruction interministérielle n° 6, datée du 10 août 2025, précise les modalités de cette mesure, qui inclut une indemnité dite « de documentation », allouée mensuellement selon les grades et fonctions, avec des montants allant de 4 000 à 12 000 dinars Algériens.

Sont ainsi concernés les médecins inspecteurs, généralistes et spécialistes, ainsi que les pharmaciens et chirurgiens-dentistes de la santé publique. Par exemple, un praticien spécialiste hors classe percevra désormais une indemnité mensuelle de 12 000 dinars, tandis qu’un médecin généraliste hors classe recevra 6 000 dinars. Les dentistes inspecteurs et inspecteurs en chef bénéficieront quant à eux d’une indemnité de 5 000 dinars.

Cette revalorisation intervient dans le prolongement du décret exécutif n° 24-416, publié à la fin de l’année 2024, qui a établi une nouvelle grille salariale pour les corps médicaux et paramédicaux, avec des hausses oscillant entre 16 000 et 30 000 dinars par mois. Ainsi, la rémunération mensuelle d’un praticien spécialiste en fin de carrière atteint dorénavant 204 000 dinars, tandis que celle d’un médecin généraliste principal s’élève à 145 000 dinars.

Au-delà de ces revalorisations de base, des primes trimestrielles liées à la performance ont été introduites, variant de 8 000 à 30 000 dinars, afin d’encourager l’excellence et l’engagement des professionnels de santé. Ces primes concernent l’ensemble des catégories, allant des biologistes principaux aux médecins généralistes chefs et praticiens spécialistes hors classe.

Ces réformes salariales substantielles, longtemps attendues par les syndicats, traduisent une volonté forte des autorités de soutenir le secteur sanitaire public, particulièrement sollicité dans un contexte marqué par des défis sanitaires croissants. Elles contribuent également à réduire l’exode des compétences vers le secteur privé ou à l’étranger.

Sous la houlette du président Abdelmadjid Tebboune, le gouvernement vise une augmentation globale des salaires dans la fonction publique avoisinant 53% d’ici 2026-2027, témoignant d’une politique économique centrée sur la consolidation du pouvoir d’achat et la justice sociale.

Les premières sommes liées à ces revalorisations devraient être versées avant le mois de mars 2025, conformément aux directives ministérielles, afin d’assurer un impact rapide sur les conditions de vie des professionnels de santé.

Cette nouvelle étape dans la politique salariale reflète une décision politique claire : reconnaître la contribution vitale des personnels de santé dans la consolidation d’un système de santé public performant et accessible à tous les Algériens.

K. H.

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