Tragédie d’El Harrach : Le FFS appelle à des assises nationales pour réformer la sécurité routière en Algérie et prévenir les accidents mortels

Par Kahina Hammoudi

Après la tragédie d’El Harrach survenue le vendredi 15 août 2025, où un bus est tombé dans l’oued de cette circonscription causant dix-huit morts et de nombreux blessés, le Front des Forces Socialistes (FFS) a proposé une série de mesures destinées à renforcer la sécurité routière en Algérie. Ce drame a profondément ébranlé l’opinion publique et mis en lumière plusieurs facteurs aggravants, notamment les routes dégradées, la vétusté des bus, et un manque de rigueur dans le secteur privé du transport.

Le FFS appelle à la tenue d’une enquête approfondie sur les causes et circonstances de cet accident, ainsi qu’à l’organisation d’assises nationales sur la sécurité routière. Ces assises devraient rassembler des représentants des institutions publiques, des syndicats, des experts et de la société civile. L’objectif est d’établir un diagnostic rigoureux et partagé pour élaborer une feuille de route ambitieuse, réaliste et applicable, visant à mettre fin à la tragédie récurrente des accidents de la route.

Les assises devront aborder tous les aspects : infrastructures, réglementation, contrôle, formation, équipement, prévention, gouvernance et financement. Elles doivent déboucher sur un plan national d’action avec des moyens dédiés, des délais précis, et des mécanismes de suivi et d’évaluation.

Parmi les recommandations spécifiques du FFS figurent :

La levée des restrictions sur l’importation des véhicules et pièces détachées,

Le retrait des autobus dangereux,

Des contrôles techniques renforcés,

L’élaboration d’une stratégie intégrée de transport multimodal, favorisant rails, métros et tramways,

L’instauration du permis à points,

L’obligation de deux chauffeurs sur les trajets longue distance,

L’installation de dispositifs électroniques de contrôle (mouchards),

La création d’établissements publics industriels et commerciaux (EPIC) dans chaque wilaya pour réorganiser le transport urbain et interurbain,

Le lancement d’un plan national de renouvellement progressif du parc de bus et autocars,

Un encadrement strict du personnel de transport avec formation obligatoire, suivi médical et psychologique, et limitation des heures de conduite.

Ce drame survient dans un contexte national où la sécurité routière est gravement dégradée. En 2024, plus de 2 500 personnes ont perdu la vie sur les routes algériennes et près de 20 000 ont été blessées, selon les données de la DGSN et de la Gendarmerie nationale. Les principales causes restent l’excès de vitesse, le non-respect des distances de sécurité, l’imprudence au volant et l’état des infrastructures routières. Les accidents impliquant des bus sont parmi les plus meurtriers.

À la suite de l’accident d’El Harrach, le président Abdelmadjid Tebboune a ordonné le retrait des bus de plus de 30 ans de service, un parc estimé à plus de 84 000 bus devant être renouvelé dans les prochains mois. Une mesure d’urgence pour moderniser les transports publics et réduire le nombre dramatique d’accidents.

La sécurité routière en Algérie reste donc un enjeu majeur de société nécessitant une mobilisation collective des autorités, des conducteurs et des citoyens pour éviter que ces drames ne deviennent une fatalité.

Cette proposition du FFS, par son approche globale et pragmatique, ouvre une voie nécessaire pour un changement profond et durable dans la gestion de la sécurité routière en Algérie.

K. H.

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