Manifestations à Figuig (Maroc) contre la privatisation de l’eau: La tension monte suite à la répression et arrestations…

Le combat que mènent les habitants de de Figuig, ville oasis de Sud-Est du Maroc, depuis deux années, contre des décisions arbitraires qui touchent à la première dignité citoyenne, tourne à la répression, arrestations abusives et emprisonnements.
La population de cette ville s’est pourtant mobilisée pacifiquement via des sit-in et marches rassemblant pratiquement tous les habitants pour exprimer leur opposition à une privatisation déguisée de la gestion de l’approvisionnement de l’eau potable, engagée par la politique du makhzen.
Ces derniers jours la tension est montée d’un cran. Le hirak de Figuig a été accueilli par une réaction violente des forces de sécurité alors qu’en face il y a lieu de relever que 60% de cette population est constituée de femmes.
Outre les grèves et autres formes pacifiques de manifestations, les habitants de Figuig qui vivent essentiellement de l’agriculture et de l’élevage ont tenté d’interpeller les pouvoirs publics sur la vulnérabilité grandissante qui menace leur survie.
Ils dénoncent cette fameuse loi 83.21 qui introduit le transfert de la gestion de l’eau potable, éclairage public et électricité à des entreprises privées multiservices.
Une privatisation déguisée des services publics qui a montré ses limites et produit des situations désastreuses notamment à Rabat, Tanger et Casablanca, comme l’ont d’ailleurs souligné des organisations syndicales et autres courants de la société civile, mobilisés en solidarité avec les manifestants de Figuig.
L’administration du makhzen tente le forcing pour confier la gestion de l’eau à une entreprise privée du nom de « Groupe Al Sharq Distribution».
Comme arguments avancés, le makhzen refuse de reconnaître qu’il s’agit bel et bien d’une privatisation des services publics et tente d’inventer une terminologie mensongère.
Le cas de Figuig montre l’étendue du drame qui découle de cette politique globale du Maroc qui sacrifie les besoins élémentaires de sa population en aggravant sa vulnérabilité.
Mohamed Pimou




