Houris, chef d’oeuvre littéraire ou pièce à conviction?

Entre la plume, la littérature, la lame et la trahison, la justice aura à trancher.
Dans un dossier qui fera date. Tant il semble complexe. Où le doute vient se mêler au sang et à l’encre de ce qui est écrit dans une œuvre littéraire ayant arraché le prestigieux Goncourt.
Houris, ce titre qui évoque un brillant roman, du talent et du Style, une oeuvre dont l’évocation devait susciter respect et admiration, prend désormais la forme d’une pièce à conviction qui atterrit dans les couloirs de la justice.
Houris sort du paradis pour s’enfoncer dans l’enfer. Du doute. De l’interdit. De l’immoral et surtout du viol de la vie privée d’une jeune dame rescapée d’une attaque terroriste, vivant avec ces profondes cicatrices de la lame qui l’a égorgée, quand elle fut une enfant de 6 ans. Par miracle, elle survivra mais en perdant la voix. À jamais !
L’oeuvre littéraire, le roman commis par Kamel Daoud rassemble tous les éléments, faits , traits et drames qui ressemblent cruellement à ceux vécus par la jeune Saada.
Cette dernière accompagnée de son avocate maître Fatima Benbraham a annoncé officiellement le dépôt d’une plainte contre Kamel Daoud à qui elle reproche d’avoir violé, utilisé sa situation, sa vie , pour en faire un roman. Sans son accord.
Elle affirme qu’elle s’était opposée catégoriquement quand l’auteur lui avait suggéré l’idée d’écrire un livre pour raconter sa vie.
La plainte vise également l’épouse de l’écrivain, psychiatre de son état qui avait justement la jeune Saada comme patiente puis comme amie également.
Le médecin aurait trahi le Secret médical en livrant à son conjoint tous les détails de la patiente, y compris les cicatrices et tatouages intimes qu’elle a sur son corps et que l’auteur rapporte d’ailleurs dans son roman.
Des ressemblances frappantes et flagrantes sont pourtant réunies.
Kamel Daoud soutenait pourtant que le personnage clé de son oeuvre n’est que le produit de son imagination, de la fiction littéraire.
L’affaire va se jouer entre la fiction et le réel.
La femme dont parle Daoud dans son oeuvre est une passionnée de chevaux. Or, Saada est également une spécialiste de l’équitation.
La fiction de Daoud, son imagination l’a-t-elle , à ce point mené jusqu’à rencontrer un personnage imaginaire qui ressemblerait tant à la patiente de sa propre femme ?
Les deux femmes , celle du livre tout comme celle du réel ont subi les mêmes supplices. Et portent les mêmes cicatrices ainsi que les mêmes tatouages.
Entre Saada et Aube l’héroïne du récit, trop d’éléments se sont donnés rendez-vous pour que le doute s’installe chez ceux qui ont lu le roman et rencontré la jeune rescapée du terrorisme.
Ce dossier « a…houris…sant » laisse jusqu’ici , le lauréat du Goncourt…sans voix !
Aucune réaction de la part de Kamel Daoud en dépit de l’ampleur que prend cette affaire et de la dimension internationale qu’elle est en train de gagner.
K.A




