« A travers le monde, les journalistes continuent de payer un prix exorbitant pour dire la vérité », a déclaré M. Guterres dans son message à l’occasion de la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes, célébrée le 2 novembre de chaque année.
« Lorsque les journalistes sont ciblés et que leur travail de reportage est étouffé, cela fait de nous tous des victimes », a-t-il affirmé, appelant à la justice pour les journalistes victimes de violences et d’assassinats dans l’exercice de leur profession.
Le secrétaire général de l’ONU a fait état d’au moins 34 journalistes ayant payé de leur vie leur travail au cours de l’année écoulée, soulignant que six assassinats sur sept restent impunis et que ce taux approche les 100 % dans les zones de conflit.
Qualifiant cette situation d’atteinte grave aux victimes, à leurs proches et à l’ensemble des citoyens qui dépendent du travail des journalistes pour être informés, M. Guterres a affirmé que « ce scandale doit cesser », appelant à enquêter sur chaque affaire, à poursuivre les responsables et à mettre un terme aux attaques en ligne visant les professionnels des médias.
Il a toutefois relevé des avancées depuis le lancement, en 2012, du Plan d’action des Nations unies sur la sécurité des journalistes et la question de l’impunité, précisant que le taux d’impunité dans les pays ne connaissant pas de conflit armé est passé de 94% à 77%.
De son côté, l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) a dressé un constat préoccupant dans son rapport 2026 sur la sécurité des journalistes et le danger de l’impunité.
Le rapport, publié tous les deux ans, dénombre 189 journalistes, professionnels des médias et créateurs de contenu sur les réseaux sociaux exerçant une activité journalistique tués en 2024 et 2025, dont 14 femmes.
Le taux mondial d’impunité pour les assassinats de journalistes a, pour sa part, atteint 86 %, enregistrant ainsi sa première hausse depuis le début du suivi de cet indicateur par l’UNESCO en 2012.
Placée cette année sous le thème « Les menaces évoluent. L’impunité persiste », la Journée internationale met l’accent sur la transformation des formes de violence visant les journalistes, notamment avec le recours aux nouvelles technologies et aux drones dans les zones de conflit, tandis que les auteurs de ces crimes échappent encore largement à la justice.