Communication : Les priorités du secteur redéfinies

Par Youcef.O

Le ministre de la Communication, Mohamed Bouslimani, a annoncé ce mercredi, la finalisation « prochaine » des textes d’application de la loi organique relative à l’information, l’installation des autorités de régulation et la mise en œuvre d’un vaste programme de formation spécialisée destiné aux journalistes des secteurs public et privé.

Autant de chantiers qui s’inscrivent dans une stratégie visant à renforcer le professionnalisme, à accompagner la transformation numérique et à doter la presse nationale des moyens nécessaires pour relever les défis d’un environnement médiatique en pleine mutation.

Sur le plan réglementaire, le ministre qui intervenait sur les ondes de la chaîne III de la Radio nationale, a annoncé que le processus de mise en œuvre de la nouvelle législation sur l’information allait connaître de nouvelles avancées.
« Nous allons prochainement terminer le processus avec les textes d’application concernant la loi organique et installer les autorités de régulation », a-t-il indiqué.

L’objectif est notamment de consolider les règles encadrant l’exercice du métier, de renforcer les mécanismes de régulation et d’accompagner le développement des différents supports médiatiques, qu’ils soient audiovisuels, écrits ou numériques.

Le ministre a également insisté sur la nécessité de poursuivre le dialogue avec les professionnels du secteur, rappelant que « plusieurs rencontres ont déjà été organisées, aussi bien au ministère de la Communication qu’au niveau de la présidence de la République », tout en annonçant que « d’autres rencontres sont prévues afin de maintenir une concertation régulière et de suivre les préoccupations des journalistes et des entreprises de presse. »

Un vaste programme de formation pour les journalistes

Autre priorité affichée par Mohamed Bouslimani, « la formation des professionnels de l’information », qu’il considère comme « un pilier indispensable à la modernisation de la presse nationale. »

« Nous avons un vaste programme de formation pour les journalistes, qu’ils soient du secteur public ou privé, et qui touche toutes les spécialités », a-t-il annoncé, rappelant que « la formation constitue un droit pour les journalistes, mais également une responsabilité pour les entreprises de presse, appelées à assurer la mise à niveau permanente de leurs personnels.»

Il s’agit, selon lui, de contribuer « à préparer une presse plus réactive, mieux outillée et capable de faire face aux nouvelles formes de désinformation».

Nécessité d’un nouveau modèle économique de la presse

Évoquant les mutations du paysage médiatique, le ministre a souligné que la transition numérique n’est plus une option, mais une nécessité pour garantir l’avenir et la viabilité des entreprises de presse.

« Aujourd’hui, la presse doit avoir un nouveau modèle économique. Le digital doit s’imposer », a-t-il affirmé, rappelant « l’attention particulière accordée par le président de la République au développement du numérique ».

Selon le ministre, « le paysage médiatique algérien compte aujourd’hui plus de 200 titres de presse écrite et 142 sites web d’information, tandis que l’Entreprise publique de télévision dispose de 11 chaînes, alors que la majorité des wilayas disposent de leurs propres structures radiophoniques, en attendant l’accompagnement des onze nouvelles wilayas.

Il a notamment évoqué la nécessité de mettre en place « des instruments fiables de mesure d’audience, indispensables pour valoriser les contenus numériques».

Aides publiques et protection sociale…

Abordant les conditions socioprofessionnelles des journalistes, le ministre a rappelé que l’accompagnement de l’État ne saurait se limiter au soutien économique des entreprises de presse.

La protection des professionnels de l’information, leur couverture sociale, leurs assurances et la régularisation de leurs situations contractuelles figurent également parmi les préoccupations du secteur.

« Le journaliste doit être déclaré », a-t-il insisté, mettant en avant « la nécessité de généraliser les contrats de travail et de mettre fin aux pratiques de travail non déclaré. »

Le ministre a souligné que les droits des journalistes doivent être respectés, tout en rappelant que l’exercice de la profession implique également des devoirs et des responsabilités.

Sur le volet des aides, il a évoqué les dispositifs prévus dans le cadre de la législation relative à l’information, ainsi que les soutiens indirects accordés par l’État, notamment en matière d’impression et de coût du papier.

Guerre médiatique et désinformation

Le ministre a consacré une partie importante de son intervention aux défis liés à la désinformation et aux campagnes médiatiques visant l’Algérie.
Dans un contexte international marqué par le développement des guerres hybrides, il a appelé les médias nationaux « à faire preuve de vigilance, de professionnalisme et de mobilisation».

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