Intelligence artificielle : Baddari mobilise les entreprises pour financer le calcul haute performance

Par Rym Hamadi
Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamal Baddari, a présidé ce lundi une séance de travail avec des représentants d’entreprises économiques publiques et privées. Elle était consacrée aux moyens de mobiliser les financements nationaux et d’unifier les efforts pour développer l’infrastructure de calcul haute performance, dans le cadre de la mise en œuvre de la Stratégie nationale d’intelligence artificielle, selon un communiqué du ministère.
À cette occasion, il a été souligné la nécessité d’élaborer un programme national intégré, s’étendant jusqu’en 2030 et reposant sur quatre objectifs stratégiques complémentaires.
Le premier consiste à mobiliser les financements nécessaires, avec la contribution des entreprises publiques et privées, pour l’acquisition de processeurs graphiques (GPU). Il s’agit de renforcer les capacités de l’Algérie en calcul avancé et de doter les chercheurs et ingénieurs des moyens techniques requis pour développer des solutions innovantes.
Le deuxième vise à financer la recherche scientifique et les projets appliqués d’intérêt national prioritaire, en orientant les efforts de recherche vers les besoins économiques et technologiques du pays, et en transformant les résultats de la recherche en solutions concrètes et en produits à valeur ajoutée.
Le troisième porte sur le soutien au centre de recherche spécialisé dans l’intelligence artificielle et les données, afin de renforcer ses capacités scientifiques et techniques. Il pourra ainsi jouer un rôle central dans le développement de la recherche avancée, la production de connaissances et l’adaptation aux mutations technologiques mondiales.
Le quatrième objectif consiste à attirer des compétences scientifiques et technologiques de haut niveau, en Algérie et à l’étranger, y compris les compétences algériennes de la diaspora. Un régime de recrutement spécifique et attractif serait instauré, offrant des conditions professionnelles incitatives, des salaires compétitifs et un environnement de recherche moderne, conformément à la législation en vigueur.
Les participants sont convenus de constituer un cadre de travail commun réunissant des représentants des entreprises économiques, la Commission nationale chargée de la mise en œuvre de la stratégie d’IA et les organismes publics concernés. Sa mission sera d’élaborer une feuille de route exécutive jusqu’en 2030, comprenant l’identification des besoins et des priorités, la définition des mécanismes de financement et des contributions des partenaires, ainsi qu’un calendrier de mise en œuvre par étapes et des indicateurs précis pour mesurer les réalisations et leur impact.
Selon le communiqué, cette rencontre traduit la conviction que l’investissement dans l’IA n’est pas une simple acquisition d’équipements, mais un investissement stratégique dans la connaissance, l’humain et la capacité nationale d’innovation. Elle confirme aussi que la construction d’un écosystème national intégré dans ce domaine est une responsabilité partagée, qui appelle la conjugaison des efforts des différents secteurs et entreprises, et la mobilisation du capital humain national vers des projets à impact scientifique, économique et technologique tangible.
R. H.




