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Coups et racisme: un rapport pointe l’absence d’amélioration des conditions de rétention des migrants en France

Par Kahina Hammoudi 

Un rapport récent du Comité européen pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants (CPT), organe du Conseil de l’Europe, révèle une dégradation persistante des conditions de rétention des migrants en France. Il fait état de cas de coups, de mauvais traitements et d’insultes à caractère raciste, ainsi que de lacunes en matière de soins de santé et d’hygiène dans les centres de rétention.

Dans ce rapport publié fin octobre, à la suite d’une visite effectuée en France en octobre 2025, le Comité indique que les conditions de rétention n’ont connu aucune amélioration depuis sa précédente visite en 2018, et qu’elles se sont même encore détériorées. Cette dégradation concerne six centres de rétention administrative et deux zones d’attente destinées aux étrangers dans les aéroports de Roissy-Charles-de-Gaulle et de Lyon-Saint-Exupéry.

L’instance européenne relève la dégradation des installations et des bâtiments, de graves insuffisances en matière d’hygiène et de prise en charge sanitaire, ainsi que l’absence d’activités adaptées pour les personnes retenues. Elle souligne que la durée maximale de rétention est passée à 90 jours, contre 30 jours en 2018, ce qui aggrave la souffrance des migrants dans ces centres.

Le rapport recueille également des témoignages de personnes retenues ayant subi des coups, des insultes et des provocations racistes de la part de policiers, et affirme que ces abus ont été constatés dans tous les centres visités.

En parallèle, le Comité note une recrudescence des violences entre personnes retenues, notamment des bagarres, des vols et du racket. Certaines victimes renoncent à porter plainte par crainte de représailles ou par manque de confiance dans l’utilité des procédures.

Dans ce contexte, le président du Comité, Alan Mitchell, a averti que la conjonction de ces conditions transforme les centres de rétention en véritables « poudrières ». Il a critiqué le recours à la rétention prolongée, dont la durée moyenne est désormais le triple de ce qu’elle était en 2018, et insisté pour que cette mesure demeure un dernier recours, en particulier lorsque l’éloignement n’est pas une perspective réaliste.

Le rapport aborde aussi la situation des mineurs non accompagnés. Il appelle à mettre en place des structures d’hébergement et de prise en charge spécialisées, qui tiennent compte de leur intérêt et répondent à leurs besoins, plutôt que de les soumettre à des conditions de rétention inadaptées à leur situation.

K. H.   

https://www.coe.int/fr/web/cpt/-/france-the-committee-for-the-prevention-of-torture-observes-a-rise-in-tensions-in-immigration-detention-centres

 

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