Nations unies : l’Algérie présente à New York son expérience pionnière en matière de déminage
Par Kahina Hammoudi
À New York, l’Algérie a pris la parole aux Nations unies pour partager son expérience pionnière en matière de déminage, à l’occasion de la Journée internationale des personnes handicapées.
Derrière cette participation, c’est un lourd héritage historique qui s’exprime, celui des séquelles laissées par plus de 11 millions de mines antipersonnel posées pendant la colonisation française.
Le 3 décembre, en partenariat avec l’Autriche, la Nouvelle-Zélande, et plusieurs agences onusiennes — du Service de lutte anti-mines (UNMAS) au Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) —, l’Algérie a coorganisé un événement de haut niveau mêlant témoignages et exposition spéciale.
Cette initiative met en lumière non seulement les dégâts incommensurables causés par ces engins meurtriers, mais aussi la nécessité urgente de changer notre regard sur les personnes en situation de handicap.
Lors de l’ouverture, l’ambassadeur Toufik Koudri, représentant permanent adjoint de l’Algérie, a dévoilé l’étendue du drame enfoui dans les terres algériennes : « Dans les zones frontalières, un habitant sur onze vivait au milieu des mines. À l’échelle nationale, la moyenne était d’une mine pour 1,2 habitant. »
Un chiffre glaçant qui révèle des décennies de souffrance, bien au-delà de l’indépendance.L’Algérie a rappelé que lutter contre les mines ne se réduit pas à un défi technique, mais qu’il s’agit avant tout d’un combat pour la justice. Justice pour les victimes immolées, pour celles qui survivent souvent amputées de leur dignité.
Justice aussi pour les droits fondamentaux bafoués : le droit à la vie, à la mobilité, à l’éducation et au travail. Et surtout, ce combat vise à briser l’exclusion sociale qui frappe encore trop souvent ces survivants.
Aux côtés du Secrétaire général adjoint aux opérations de paix de l’ONU, Jean-Pierre Lacroix, et du Mandataire des Nations unies pour les personnes handicapées en contexte de conflit, Giles Duley, tous ont insisté sur la nécessité de redoubler d’efforts au niveau international.
Pour qu’enfin, un jour, le monde soit libéré de cette menace invisible, et pour garantir que la dignité et les droits des personnes handicapées ne restent pas de vains mots.
Ce rendez-vous onusien envoie un message fort : l’Algérie, forte de son passé douloureux, veut être une voix pour la reconnaissance de ces victimes et un acteur moteur dans la lutte globale contre les mines antipersonnel. Une bataille humaine et politique, où chaque pas réaffirme que la vie doit triompher, malgré les cicatrices.
K. H.





